Cédric Klapisch, ambassadeur du cinéma français, honoré pour une œuvre tournée vers le monde
PARIS – Le réalisateur Cédric Klapisch a reçu le Prix du Cinéma Français, une distinction décernée par Unifrance, lors d’une cérémonie chaleureuse au ministère de la Culture le 15 janvier. Cette récompense salue une carrière marquée par une ouverture constante sur le monde et une capacité à tisser des liens entre les cultures.
Flanqué de ses collaborateurs de longue date, le scénariste Santiago Amigorena et l’acteur Zinedine Soualem, ainsi que de l’équipe de son dernier film, “Les Couleurs du Temps”, Klapisch a été célébré pour son influence dans la promotion du cinéma français à l’international. Il rejoint ainsi une prestigieuse liste de lauréats incluant Isabelle Huppert, Juliette Binoche et les réalisateurs Olivier Assayas et Olivier Nakache.
Klapisch n’est pas seulement un exportateur de films français. Son œuvre, profondément ancrée dans le voyage et les échanges interculturels, en témoigne. La trilogie “L’Appartement”, complétée par une série Amazon, suit une communauté cosmopolite à travers l’Europe et au-delà, capturant l’esprit d’une génération connectée.
“Certains voyages donnent naissance à de nouveaux films,” a déclaré Klapisch lors de la cérémonie. Il a révélé que la tournée promotionnelle de “Un Bonheur Présumé” (2002), le premier volet de la série “L’Appartement”, avait directement inspiré “Les Poupées Russes”. “Le voyage est un élément fondamental de mon cinéma. C’est la raison pour laquelle j’ai fait ‘Un Bonheur Présumé’ – et c’est pourquoi je suis ici aujourd’hui.”
Formé à la Tisch School of the Arts de l’Université de New York, Klapisch a souligné l’impact de cette expérience sur sa vision du cinéma. Il a également noté un changement notable dans les flux culturels : “J’ai commencé ma vie d’adulte aux États-Unis, et aujourd’hui je me demande si les jeunes Français ressentent le même attrait pour ce pays. C’est moins évident. En même temps, on observe un phénomène nouveau : des acteurs et réalisateurs américains majeurs viennent en France. Cela n’existait pas auparavant. Le mouvement s’est inversé.”
Cette évolution, selon Klapisch, se déroule dans un contexte de mutation profonde pour l’industrie cinématographique, où les chiffres du box-office et la distribution internationale sont omniprésents. Il a cependant insisté sur l’importance du modèle français, et notamment du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC).
“La France est vraiment unique grâce à son système, et le CNC en particulier,” a-t-il affirmé. “Je défendrai toujours le CNC. Il doit continuer à exister. Il soutient la création cinématographique. C’est un espace protégé où la création peut se produire, et j’y crois profondément.”
Le président du CNC, Gaëtan Bruel, était présent à la cérémonie, aux côtés de la ministre de la Culture, Rachida Dati, et des dirigeants d’Unifrance, Gilles Pélisson et Daniela Elstner, pour rendre hommage à Klapisch.
Le Prix du Cinéma Français, lancé en 2016 par Unifrance, vise à honorer les figures du cinéma français qui contribuent à rayonner l’art de la réalisation tricolore à l’étranger. En 2023, le cinéma français a généré 288,4 millions d’euros de recettes à l’international, selon Unifrance, confirmant son attrait continu pour les publics du monde entier. L’importance du CNC dans ce succès est indéniable, avec un soutien financier crucial pour la production et la distribution de films français.
[Image de la cérémonie avec Klapisch, Elstner, Dati et Pélisson]
(Chloé Leclercq / Unifrance)
[Potentiellement intégrer ici une vidéo YouTube d’une interview de Klapisch ou un extrait de l’un de ses films.]
