Fin de la paralysie à Washington : Trump signe un accord pour rouvrir le gouvernement, mais la menace d’une nouvelle crise plane
WASHINGTON – Le président Donald Trump a signé mardi après-midi le “Consolidated Appropriations Act of 2026”, mettant fin à une paralysie partielle du gouvernement américain qui durait depuis samedi. L’accord, approuvé par le Congrès avec une faible marge de 217 voix contre 214 à la Chambre des représentants, finance la plupart des agences fédérales jusqu’en septembre. Cependant, le financement du Département de la Sécurité intérieure (DHS) n’est garanti que jusqu’au 13 février, laissant planer une nouvelle menace de fermeture si un accord n’est pas trouvé sur des réformes controversées.
La situation actuelle est le résultat de profondes divisions politiques, notamment sur les questions d’immigration et le rôle des agences chargées de l’application de la loi aux frontières. Les démocrates de la Chambre des représentants ont voté en bloc contre le projet de loi, exigeant des restrictions plus strictes sur les activités de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et de la Border Patrol, suite à deux incidents mortels impliquant des agents à Minneapolis le mois dernier.
“Nous avons une liste de demandes et nous ne nous contenterons pas de demi-mesures”, a déclaré le représentant Pete Aguilar (D-Calif.) aux journalistes. Il a averti que si le chef républicain du Sénat, John Thune (R-S.D.), et le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson (R-La.), “ne veulent pas négocier de véritables réformes, ils devront expliquer au public pourquoi ils ferment les agences.”
Le président de la commission des appropriations de la Chambre, Tom Cole (R-Okla.), a souligné l’importance de financer le gouvernement, qualifiant cela de “devoir fondamental” du Congrès. “Nous avons finalisé des projets de loi bipartisans et bicaméraux pour financer pleinement notre gouvernement d’une manière axée sur les districts et les membres”, a-t-il déclaré.
Les démocrates, menés par le chef de file de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries (D-N.Y.), exigent des changements “audacieux, significatifs et transformateurs” au sein du DHS. Ils réclament notamment la fin du profilage racial, le retour des agents fédéraux à leurs missions initiales, la fin de l’occupation de Minnesota par les forces fédérales, une meilleure coopération avec les forces de l’ordre locales et l’utilisation de mandats judiciaires plutôt que de mandats administratifs pour les opérations d’application de la loi.
Les critiques démocrates se concentrent également sur la secrétaire au DHS, Kristi Noem, qu’ils accusent d’abus de pouvoir et de violation de serment. Certains, comme le représentant Bennie Thompson (D-Miss.), demandent son départ.
La tension est palpable. Les démocrates de la commission de la sécurité intérieure de la Chambre ont envoyé une lettre à leurs collègues, les exhortant à voter contre le financement à court terme du DHS, dénonçant un “chèque en blanc” accordé à ICE et à la Border Patrol sans garanties suffisantes. Ils soulignent que les fonds déjà alloués par le “One Big Ugly Bill” (une référence au précédent accord de financement) pourraient financer ces agences pendant des années sans contrôle adéquat.
La situation actuelle reflète une tendance plus large à la polarisation politique aux États-Unis, rendant difficile la recherche de compromis sur des questions cruciales. La paralysie du gouvernement, bien que temporaire, a des conséquences réelles pour les fonctionnaires fédéraux, les services publics et l’économie dans son ensemble. Selon le Congressional Budget Office, chaque jour de fermeture du gouvernement coûte au pays des milliards de dollars.
L’avenir du financement du DHS reste incertain. Si les républicains et les démocrates ne parviennent pas à un accord d’ici le 13 février, le pays pourrait se retrouver face à une nouvelle crise budgétaire, avec des conséquences potentiellement graves pour la sécurité nationale et les services publics. L’issue de ces négociations sera un test crucial pour la capacité du Congrès à fonctionner efficacement et à répondre aux besoins du peuple américain.
