Une étude française historique publiée dans le European Heart Journal révèle que huit additifs alimentaires couramment utilisés dans les produits transformés pourraient augmenter significativement le risque d’hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires. Sur 112 395 participants suivis pendant près de huit ans, les chercheurs de l’INSERM ont établi un lien direct entre la consommation de ces additifs et une hausse de 29 % des cas d’hypertension chez les plus gros consommateurs, tandis que les préservatifs antioxydants étaient associés à une augmentation de 22 %. Ces résultats, publiés le 2 juin 2026, remettent en cause des décennies de certitudes sur la sécurité des additifs alimentaires — et pourraient bouleverser les habitudes de consommation dans les pays où les produits ultra-transformés dominent les étagères.
Les 8 additifs sous le feu des projecteurs : quels risques pour la santé ?
Les chercheurs ont identifié huit familles d’additifs particulièrement problématiques, dont les nitrites et nitrates (présents dans les charcuteries et viandes transformées), les benzoates (utilisés dans les sodas et jus de fruits), et les sulfites (dans les vins et produits à base de pommes de terre). Selon Medical News Today, qui a interviewé la nutritionniste Dr Federica Amati (Imperial College London), ces substances agissent comme des perturbateurs métaboliques, favorisant la rétention hydrique et la rigidité des vaisseaux sanguins. « Dans les États-Unis, environ 57 % des aliments sont ultra-transformés, et la majorité contiennent des préservatifs. Réduire leur consommation à zéro est quasi impossible, mais diminuer les aliments ultra-transformés (UPF) est un point de départ essentiel », explique-t-elle.
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L’étude française, menée par l’équipe de la Dr Mathilde Touvier (INSERM), va plus loin en distinguant deux catégories d’additifs : les préservatifs non antioxydants (comme les nitrites) et les antioxydants (comme les tocophérols). Les premiers, utilisés pour empêcher la prolifération bactérienne, étaient associés à un risque accru de 29 % d’hypertension et de 16 % de maladies cardiovasculaires. Les seconds, bien que moins dangereux, n’étaient pas non plus anodins : +22 % de risques d’hypertension pour les plus gros consommateurs. « Nous savons que les fibres sont un nutriment essentiel pour la santé intestinale, immunitaire et cardiovasculaire, mais les UPF les remplacent souvent par des ingrédients pauvres en nutriments », souligne la Dr Amati.
« Dans les États-Unis, environ 57 % des aliments sont ultra-transformés, et la majorité contiennent des préservatifs. Réduire leur consommation à zéro est quasi impossible, mais diminuer les aliments ultra-transformés (UPF) est un point de départ essentiel. »
L’effet « sodium caché » : pourquoi votre régime sans sel peut encore être dangereux
Un cas clinique rapporté par The Indian Express illustre parfaitement le piège des additifs : un cadre de 42 ans, convaincu de maîtriser son hypertension grâce à un régime pauvre en sel visible, voyait sa tension s’emballer à 160/100 mmHg. Le déclencheur ? Une alimentation quotidienne riche en produits transformés — pain emballé au petit-déjeuner, plats livrés à midi, chips et mélanges de pickles le soir. « La plupart des consommateurs ne réalisent pas que le sodium ne provient plus seulement du sel ajouté à la cuisine, mais des additifs industriels cachés dans les emballages », explique le médecin auteur de l’article.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande moins de 2 grammes de sodium par jour (soit environ 5 grammes de sel), un seuil déjà difficile à respecter pour les Français, où les produits transformés représentent près de 30 % de l’apport calorique quotidien. Or, selon l’étude INSERM, les préservatifs à base de sodium — comme les nitrites utilisés dans les jambons ou saucisses — contribuent à près de 40 % de l’excès de sodium ingéré sans que les consommateurs en aient conscience. « Une cuillère à café de cornichons peut contenir autant de sodium qu’un repas entier salé à la maison », avertit The Indian Express, citant des données de l’OMS.
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