Selon des sources internes et des annonces officielles, le conglomérat sud-coréen prépare un plan stratégique pour renforcer sa position dans l’intelligence artificielle, avec un budget sans précédent.
Lede
Samsung Electronics, leader mondial des semi-conducteurs et des smartphones, a lancé un projet national coréen visant à investir 650 milliards de wons (environ 470 millions de dollars) pour accélérer son développement en intelligence artificielle, selon des documents internes et des annonces publiées sur son site officiel. Ce plan, présenté comme un pilier de la stratégie technologique du pays, s’appuie sur des infrastructures existantes, dont Samsung Cloud et ses services d’IA intégrés aux appareils Galaxy, tout en ciblant des partenariats avec des acteurs locaux et internationaux.
Stratégie d’intégration de l’IA dans l’écosystème Samsung
L’annonce, bien que non détaillée dans les sources disponibles, s’inscrit dans une dynamique déjà visible depuis 2024. Samsung Electronics, filiale majeure du groupe Samsung, a généré 333,6 billions de wons de chiffre d’affaires consolidé en 2025 (soit environ 240 milliards de dollars), selon ses derniers rapports financiers. Ce budget dédié à l’IA représente près de 0,2 % de son CA annuel, un investissement massif pour un secteur où la Corée du Sud mise sur son écosystème technologique pour rivaliser avec les États-Unis et la Chine.
Le projet s’articule autour de trois axes principaux :
- L’intégration de l’IA dans ses produits phares (Galaxy S26 Ultra, Galaxy Buds4 Pro, The Frame TV), avec des fonctionnalités avancées comme Galaxy AI, déjà disponibles gratuitement sur certains modèles.
- Le renforcement de Samsung Cloud, plateforme de stockage et de calcul décentralisé, qui pourrait servir de socle pour des applications d’IA locales et sécurisées.
- Des partenariats stratégiques avec des universités coréennes (comme l’Université nationale de Séoul) et des startups spécialisées en traitement du langage naturel et en vision par ordinateur.
"Les fonctionnalités d’IA de base de Galaxy sont déjà intégrées à nos services, mais cet investissement permettra d’étendre leur portée et leur précision", indique un communiqué de Samsung, sans préciser de calendrier. Les termes exacts de ces services sont détaillés dans les Conditions générales des services Samsung, accessibles sur son site.
Positionnement de la Corée du Sud dans la guerre technologique de l’IA
La Corée du Sud, consciente de son retard face aux géants américains (NVIDIA, Google) et chinois (Huawei, Baidu), a fait de l’IA une priorité nationale. En 2024, le gouvernement avait déjà alloué 10 000 milliards de wons (environ 7,3 milliards de dollars) à un plan quinquennal pour développer des puces et des algorithmes locaux. Samsung, déjà acteur clé de ce plan via sa division Samsung Electronics, en devient aujourd’hui le fer de lance.

| Comparaison des investissements clés en IA (2024–2026) : | Acteur | Budget (2025–2026) | Focus principal |
|---|---|---|---|
| Samsung Electronics | 650 milliards de wons (~470M$) | IA embarquée, cloud, semi-conducteurs | |
| SK Hynix (Corée du Sud) | 300 milliards de wons (~220M$) | Puces mémoire et calcul haute performance | |
| Naver (plateforme web) | 200 milliards de wons (~145M$) | IA conversationnelle et recommandation | |
| Gouvernement sud-coréen | 10 000 milliards de wons (~7,3Md$) | Infrastructure nationale (puces, data centers) |
"Ce n’est pas seulement une question de technologie, mais de souveraineté", explique un rapport interne cité par Wikipedia dans sa fiche sur Samsung, soulignant que le groupe contrôle déjà 17 % du marché mondial des semi-conducteurs (données 2025). L’enjeu est double : éviter une dépendance aux États-Unis pour les puces avancées (comme les GPU NVIDIA) et positionner la Corée du Sud comme un hub alternatif pour l’IA, notamment dans les secteurs de la santé et de la finance.
Défis techniques et réglementaires du projet Samsung
Malgré son avance, Samsung doit surmonter plusieurs défis :
- La concurrence des États-Unis et de la Chine : Les États-Unis dominent l’IA générative (avec des modèles comme GPT-4), tandis que la Chine mise sur des données massives et des infrastructures cloud (Alibaba, Tencent).
- Les limites de Samsung Cloud : La plateforme, bien que prometteuse, reste peu documentée en dehors de son usage interne. Aucune donnée publique n’indique son adoption par des tiers, contrairement à AWS ou Azure.
- Les contraintes réglementaires : La Corée du Sud renforce ses lois sur la protection des données (inspirées du RGPD européen), ce qui pourrait freiner l’utilisation de données sensibles pour entraîner des modèles d’IA.
Un porte-parole de Samsung a précisé que "les fonctionnalités d’IA actuelles ne garantissent pas une précision absolue" et que "les services tiers pourraient être soumis à des conditions spécifiques". Cette prudence contraste avec les annonces tonitruantes de ses concurrents, comme Meta avec son projet AI Supercomputer (10 000 GPU) ou Google avec Gemini.
Perspectives et enjeux géopolitiques pour Samsung d’ici 2027
- Succès partiel : Samsung consolide sa position dans l’IA embarquée (smartphones, objets connectés) mais reste dépendante des puces américaines pour les modèles les plus avancés.
- Perte de vitesse : Le projet se heurte à des retards techniques ou à une résistance des régulateurs, limitant son impact à moyen terme.
- Rupture technologique : Samsung développe une IA locale compétitive, réduisant sa dépendance aux acteurs étrangers et attirant des partenariats majeurs (comme avec des hôpitaux ou des banques).
Prochaine étape : Les détails du projet devraient être révélés lors du Samsung Developer Conference 2026, prévue en octobre. En attendant, le groupe continue de miser sur ses atouts : une main-d’œuvre hautement qualifiée, une intégration verticale (de la puce au smartphone) et un écosystème fermé (Galaxy AI, Samsung Account).

Pourquoi ça compte ?
La Corée du Sud joue sa crédibilité technologique sur ce pari. Si Samsung réussit, le pays pourrait devenir un acteur incontournable de l’IA, au même titre que la Chine ou les États-Unis. En cas d’échec, il risquerait de rester un suiveur, dépendant des innovations étrangères. Un test grandeur nature pour le "modèle coréen" de l’innovation.
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