La pression monte autour du président de la FIFA, Gianni Infantino, alors que des critiques virulentes émanent de journalistes et de supporters. Face aux controverses liées à l’organisation de compétitions et à la gouvernance, des voix appellent l’UEFA à contester l’hégémonie de l’instance mondiale, évoquant même la création d’un tournoi alternatif pour briser son influence.
Valentijn Driessen dénonce l’interventionnisme de Gianni Infantino et Donald Trump
La controverse Folarin Balogun et la remise en cause de l’arbitrage
La récente gestion de l'affaire impliquant Folarin Balogun a servi de détonateur. Le journaliste Valentijn Driessen, écrivant dans De Telegraaf, qualifie cette intervention de « péché mortel » et exhorte les instances européennes à réagir face à ce qu'il décrit comme une dérive autoritaire de la FIFA. Driessen a déclaré : « Les masques sont tombés chez les deux mégalomanes », en visant directement Infantino et Donald Trump, soulignant qu'ils ont « changé les règles du jeu pendant la partie et ont sapé les fondations de l'arbitrage indépendant ».

Le mécontentement ne se limite pas à la sphère médiatique. Le site Manly.nl rapporte qu’une consultation auprès de ses lecteurs a révélé que 98 % des 3 753 répondants estiment que Gianni Infantino doit quitter ses fonctions. Les critiques se cristallisent autour de trois axes principaux : l’expansion controversée du Mondial des clubs, un calendrier international jugé surchargé par les joueurs et les ligues, et une perception de corruption et de priorité donnée aux intérêts politiques et commerciaux. Le site souligne également que des incidents, comme le fait que des arbitres ne puissent pas entrer dans le pays hôte et l’attribution du « FIFA Peace Price » à Donald Trump, illustrent les tensions actuelles.
La KNVB mise en cause pour sa soumission à la FIFA par Marianne van Leeuwen et Gijs de Jong
Vers une scission : le projet d’un « EK XXL »
Pour contrer l’influence de la FIFA, des propositions radicales circulent. Valentijn Driessen suggère que l’UEFA pourrait organiser un tournoi élargi, un « EK XXL » tous les quatre ans, invitant les meilleures nations des autres continents, y compris des pays à forte puissance commerciale comme l’Inde et la Chine. L’objectif avoué est clair : priver la FIFA de sa base financière et de son prestige en proposant une alternative commerciale viable. « Avec un tel tournoi, la Coupe du monde de la FIFA est immédiatement balayée », affirme Driessen. Il estime que de telles initiatives pourraient faire perdre à la FIFA son droit à l’existence si le dirigeant suisse et son « entourage fautif » ne démissionnent pas.
Dans ce contexte, le comportement de certaines fédérations nationales est également sous le feu des critiques. Driessen pointe du doigt la KNVB, accusant la directrice générale Marianne van Leeuwen et le secrétaire général Gijs de Jong d’adopter une attitude de « serviteurs soumis et lâches » par crainte de représailles de la part d’Infantino depuis la Coupe du monde 2022 et l’épisode du brassard arc-en-ciel au Qatar.
Arsène Wenger, Aleksander Čeferin, Thierry Henry et Pierluigi Collina comme candidats à la succession
Les profils pressentis pour une succession à la FIFA

Si un changement de direction devait se produire, plusieurs noms circulent pour redorer le blason de l’institution. Manly.nl a identifié quatre candidats potentiels, chacun apportant une vision différente :
- Arsène Wenger : Le visionnaire. Actuel chef du développement mondial du football à la FIFA, il est loué pour ses connaissances tactiques et son expérience, bien que sa proximité avec le système actuel soulève des questions sur son indépendance.
- Aleksander Čeferin : Le gestionnaire. Le président de l’UEFA est considéré comme le challenger le plus crédible. Son expérience à la tête d’une grande organisation et son réseau international sont ses principaux atouts, bien qu’il doive encore convaincre les continents hors Europe, où Infantino reste traditionnellement fort.
- Thierry Henry : Le visage du renouveau. Bien que moins expérimenté en gestion, son statut d’icône mondiale et son lien avec les joueurs pourraient aider à restaurer la confiance des supporters.
- Pierluigi Collina : Le garant des règles. Salué pour son intégrité et son autorité, il symbolise l’indépendance de l’arbitrage, bien que son rôle actuel au sein de la FIFA puisse également le lier aux problèmes de l’organisation.
La question demeure de savoir si l’Europe osera franchir le pas de la rupture. À ce jour, une transition semble toutefois incertaine. Infantino a annoncé sa candidature pour les élections de 2027 et bénéficie d’un large soutien de la part des fédérations continentales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud.
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