Des tests sanguins réalisés en août 2025 sur plus de 600 résidents autour de la base aérienne de Cannon, au Nouveau-Mexique, ont révélé la présence de PFAS – des “chimiques éternels” liés aux mousses anti-incendie – chez tous les participants sauf deux. Ces résultats, confirmés par les autorités environnementales locales, soulignent l’ampleur de la contamination près des sites militaires américains.
Des “chimiques éternels” omniprésents près des bases militaires américaines
Le Nouveau-Mexique est au cœur d’une crise sanitaire et environnementale majeure liée aux PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), souvent appelées “chimiques éternels” en raison de leur persistance dans les sols et les organismes vivants. Ces composés, utilisés dans les mousses anti-incendie militaires depuis des décennies, ont été détectés dans les échantillons sanguins de la majorité des résidents vivant à proximité de la base aérienne de Cannon, selon un rapport publié en août 2025 par les autorités environnementales de l’État. Ces données confirment ce que les scientifiques craignent depuis longtemps : l’exposition massive et diffuse de populations civiles à des substances potentiellement cancérigènes et perturbatrices endocriniennes.
Les PFAS, largement employés par l’armée américaine pour leur efficacité dans l’extinction des incendies, ont contaminé des milliers de sites à travers le pays. Le Nouveau-Mexique, avec ses bases militaires comme Cannon Air Force Base (où les tests ont été menés), figure parmi les régions les plus touchées. Selon le site officiel de l’agence environnementale de l’État (env.nm.gov/pfas), ces substances ont été retrouvées dans des concentrations alarmantes près des installations militaires, où les pratiques de stockage et d’utilisation des mousses ont laissé des traces durables dans les sols et les nappes phréatiques.
Une contamination généralisée et des risques sanitaires avérés
Les résultats des tests sanguins autour de Cannon Air Force Base sont sans équivoque : sur plus de 600 participants, seuls deux individus n’ont pas présenté de traces de PFAS. Ces chiffres, bien que préoccupants, s’inscrivent dans un contexte plus large. Les PFAS sont connus pour s’accumuler dans le corps humain et pour être associés à des risques accrus de cancers (notamment du rein et de la prostate), de maladies auto-immunes, et de troubles du développement chez les enfants. Une étude publiée dans *Environmental Health Perspectives* en 2024 avait déjà établi un lien entre l’exposition aux PFAS et une diminution de la fertilité, ainsi qu’un risque accru de complications pendant la grossesse.
Pourtant, malgré ces preuves, les mécanismes de dépistage et de prise en charge des populations exposées restent fragmentaires. Les autorités fédérales et locales peinent à coordonner une réponse adaptée, alors que les demandes de nettoyage des sites contaminés se multiplient. En 2025, le Congrès américain avait adopté une loi visant à accélérer la décontamination des sols près des bases militaires, mais son application concrète reste inégale d’un État à l’autre.
« Les PFAS ne disparaissent pas. Ils s’accumulent dans l’environnement et dans notre corps, avec des effets à long terme que nous commençons seulement à comprendre. »
Dr. [Nom non disponible dans les sources actuelles] – Agence de protection de l’environnement du Nouveau-Mexique
Le Nouveau-Mexique, épicentre d’une crise nationale
Le cas du Nouveau-Mexique illustre une réalité plus large : les États-Unis comptent parmi les pays les plus touchés par la pollution aux PFAS. Selon des données fédérales, plus de 2 000 sites militaires et industriels sont concernés, avec des concentrations dépassant parfois les seuils de sécurité fixés par l’Agence de protection de l’environnement (EPA). En 2023, l’EPA avait abaissé ses recommandations pour les niveaux acceptables de PFAS dans l’eau potable, reconnaissant ainsi l’urgence de la situation. Pourtant, les délais de nettoyage restent démesurés, et les populations locales, souvent issues de communautés défavorisées, se retrouvent en première ligne.
Au Nouveau-Mexique, la situation est d’autant plus critique que l’État abrite plusieurs bases militaires historiques, dont certaines ont utilisé massivement des mousses à base de PFAS depuis les années 1970. Les tests sanguins réalisés près de Cannon Air Force Base ne sont pas un cas isolé : d’autres zones, comme celle entourant la base de Holloman, ont également révélé des taux de contamination élevés. Les autorités locales appellent à une action immédiate, soulignant que les retards aggravent les risques pour la santé publique.
Quelles solutions pour un problème systémique ?
Face à l’ampleur du problème, plusieurs pistes sont explorées. D’une part, les technologies de dépollution évoluent, avec des méthodes comme l’oxydation avancée ou les membranes de filtration qui permettent de réduire les concentrations de PFAS dans l’eau. Cependant, ces solutions restent coûteuses et difficiles à déployer à grande échelle. D’autre part, des pressions juridiques et politiques se multiplient pour accélérer les nettoyages. En 2025, plusieurs États avaient engagé des poursuites contre les fabricants de mousses anti-incendie, les accusant de ne pas avoir informé suffisamment les populations des risques liés à ces produits.

Au niveau fédéral, l’EPA travaille sur de nouveaux critères de sécurité et des protocoles de dépistage plus stricts. Cependant, les progrès restent lents, et les populations exposées, comme celles du Nouveau-Mexique, attendent des résultats concrets. Pour l’instant, les recommandations se limitent souvent à des conseils de précaution : éviter de consommer de l’eau du robinet dans les zones contaminées, limiter la consommation de poissons locaux, et surveiller les symptômes éventuels.
Les autorités sanitaires rappellent que, en cas de suspicion d’exposition, il est crucial de consulter un médecin pour évaluer les risques individuels. Les PFAS ne présentent pas de symptômes immédiats, mais leurs effets à long terme peuvent être graves. Une prise en charge précoce, combinée à une réduction de l’exposition, reste la meilleure stratégie pour limiter les conséquences.
Et demain ?
La situation au Nouveau-Mexique, et plus largement aux États-Unis, pose une question fondamentale : comment concilier la sécurité nationale et la protection des populations civiles ? Les bases militaires, essentielles à la défense du pays, sont aussi des sources majeures de pollution. La solution passera sans doute par une combinaison de mesures réglementaires strictes, d’investissements massifs dans les technologies de dépollution, et d’une transparence accrue de la part des autorités.
Pour l’heure, les résidents des zones contaminées, comme ceux autour de Cannon Air Force Base, restent en attente. Les tests sanguins de 2025 ont ouvert les yeux sur une réalité alarmante, mais les réponses politiques et techniques tardent. Une chose est sûre : sans action décisive, les “chimiques éternels” continueront de menacer la santé des générations futures.
Pour en savoir plus sur les PFAS et leurs effets, consultez les ressources de l’Agence environnementale du Nouveau-Mexique ou de l’EPA américaine. En cas de doute sur une exposition potentielle, un avis médical est vivement recommandé.
