Le déploiement du système de consigne (DRS) au Pays de Galles, prévu pour le 1er octobre 2027, suscite des inquiétudes majeures chez les industriels. Ces derniers alertent sur un risque d’augmentation des prix des boissons de 50 pence par unité, citant des incohérences réglementaires entre le Pays de Galles et le reste du Royaume-Uni.
Le risque d’une divergence réglementaire sur le verre
La situation actuelle au Pays de Galles est décrite comme un « complete and utter mess » par William Watkins, directeur général de Radnor Hills, selon des informations rapportées par la BBC. Le cœur du conflit réside dans l’intégration du verre dans le système de consigne, une mesure que le gouvernement gallois souhaite maintenir malgré les avertissements des producteurs.

Selon M. Watkins, l’absence d’harmonisation avec le système en vigueur de l’autre côté de la frontière anglaise crée des difficultés opérationnelles majeures. Il insiste sur la nécessité d’une approche unifiée : « We have to have a system which is the same on both sides of the border ». Pour les entreprises, la complexité logistique imposée par une spécificité galloise rendrait, selon certains, la distribution de certains produits « simply not worth » le coût engendré. L’intégration du verre, en particulier, pose des défis techniques importants en raison de sa fragilité et de son poids, contrastant avec les systèmes basés sur le plastique (PET) et les canettes en aluminium qui prédominent dans d’autres juridictions.
L’impasse sur l’organisation de gestion des dépôts
Le calendrier devient critique. Les entreprises de boissons et la British Soft Drinks Association (BSDA) soulignent qu’il ne reste que quelques semaines pour nommer une organisation de gestion des dépôts (DMO). Sans cette désignation rapide, le lancement du système à l’échéance du 1er octobre 2027 semble compromis. Dans le fonctionnement standard des systèmes de consigne internationaux, la DMO joue un rôle central : elle coordonne la collecte, le transport et le recyclage des emballages consignés tout en gérant le flux financier des dépôts payés par les consommateurs lors de l’achat.

À ce jour, une seule entité, Exchange for Change, a déposé une candidature pour opérer au Pays de Galles. Cette organisation gère déjà les systèmes similaires en Angleterre, en Écosse et en Irlande du Nord. Toutefois, un point de blocage subsiste concernant l’infrastructure technologique :
- Le gouvernement gallois exige initialement 3 500 machines de collecte automatique (reverse vending machines) capables de traiter le verre.
- La proposition d’Exchange for Change limite le déploiement à 100 machines adaptées sur l’ensemble du territoire.
Cette divergence souligne le fossé entre les ambitions environnementales du gouvernement gallois et la faisabilité opérationnelle telle que perçue par les opérateurs privés.
Les implications politiques et le risque de “système séparé”
Malgré les espoirs de certains industriels d’observer « a complete change in direction » avec la nouvelle administration, la réalité politique semble plus rigide. Les engagements pris par Plaid Cymru dans son manifeste, notamment celui d’inclure le verre « including glass when this becomes practically feasible », se heurtent aux réalités administratives. M. Watkins évoque les « realities of coming into power and coming up against some very entrenched views » au sein de la fonction publique galloise, qui maintiennent le cap sur l’agenda de l’administration précédente.

L’absence de décision, alors que la fenêtre de candidature s’est fermée le 2 juin, place le gouvernement face à un dilemme. Selon les experts cités par la BBC, il n’y a désormais « no time left » pour concevoir un système gallois autonome. Une telle option, décrite comme le « fall-back option within the regulations if a DMO cannot be appointed », est jugée irréaliste par les acteurs du secteur compte tenu des délais impartis. Le risque pour les entreprises est de devoir gérer des lignes de production distinctes pour le marché gallois, ce qui, au-delà de la hausse des prix, pourrait entraîner une réduction du choix des produits disponibles pour les consommateurs gallois, les fabricants préférant parfois retirer leurs références plutôt que d’adapter leur logistique à une exception locale.
Alors que le secteur des boissons cherche à s’adapter aux tendances de consommation estivales, comme le notent des guides spécialisés tels que A Couple Cooks, la pression monte pour que le gouvernement gallois clarifie sa position. Sans une décision rapide dans les prochaines semaines, la viabilité économique du système de consigne gallois pourrait être remise en question par les producteurs, entraînant potentiellement une hausse des tarifs répercutée sur les consommateurs finaux, un enjeu qui pèse lourdement dans un contexte d’inflation persistante sur les produits de consommation courante.
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