Un concert sous haute tension à Mežaparks
Le concert « Manai dzimtenei » (À ma patrie), qui s’est tenu le samedi 12 juillet à la Grande Estrade de Mežaparks, a rassemblé plus de 6 000 choristes issus de plus de 200 chœurs, accompagnés de solistes et d’acteurs. Si l’événement a permis au public de reprendre en chœur les compositions de Raimonds Pauls, il s’est déroulé dans un climat marqué par des controverses antérieures et des avis contrastés parmi les spectateurs.
Avant même le début du spectacle, l’organisation a été secouée par des désaccords entre le compositeur Raimonds Pauls et les organisateurs concernant l’usage de son nom dans le titre de l’événement. Ces tensions ont conduit à une modification du titre initial et au retrait de certains artistes initialement annoncés. Par ailleurs, en mai, le Parquet général a ouvert une procédure pénale concernant des soupçons d’utilisation illégale des données personnelles du compositeur dans le cadre de l’organisation de ce concert. Les organisateurs ont réaffirmé avoir agi en toute légalité et dans le respect des procédures, tout en exprimant l’espoir que l’enquête clarifierait la situation.

Des avis partagés sur la performance artistique
Sur le plan musical, les retours des participants et du public sont mitigés. Certains spectateurs, à l’instar d’une utilisatrice sur la plateforme Threads, ont déploré un manque de synchronisation entre les solistes et les chœurs durant une grande partie du concert. Cette même spectatrice a également noté une fréquentation en deçà des attentes, avec des rangées de choristes incomplètes, suggérant une comparaison défavorable avec les standards habituels des festivals de chant traditionnels.
À l’inverse, les choristes ont exprimé un vif enthousiasme. Arta, participante au concert, a salué la qualité de la sonorisation et la cohésion de l’ensemble, soulignant que, contrairement à certains événements passés, le chœur a su garder un rythme constant et harmonieux. De nombreux auditeurs ont également apprécié le format du spectacle, d’une durée de trois heures, jugé plus léger et dépourvu des discours politiques ou des remises de prix habituels dans ce type de manifestations.

Comportements du public : entre satisfaction et incidents
Le comportement du public a suscité des réactions divergentes. Plusieurs témoignages ont salué une audience respectueuse, loin des débordements observés lors d’autres grands concerts, notant que les spectateurs étaient venus avant tout pour écouter et chanter.
Cependant, l’événement a été marqué par des tensions liées à la présence de jeunes enfants. Plusieurs spectateurs se sont plaints de l’attitude de certains parents, citant notamment le cas d’un enfant circulant à plusieurs reprises entre les choristes, l’orchestre et le chef d’orchestre, sans intervention apparente de sa mère. Certains témoins ont qualifié cette situation d’« inadmissible » et de « manque de respect » envers les artistes et le public. D’autres désagréments ont été relevés, notamment des cas de spectateurs fumant dans les rangées.
Logistique et perspectives
Pour faciliter le retour des spectateurs, les autorités ont mis en place des mesures logistiques spécifiques, incluant des trajets supplémentaires en tramway (ligne 11) et en bus (ligne 48) via « Rīgas satiksme », ainsi que des trains électriques additionnels reliant la halte de « Mangaļi » à la gare centrale de Riga.
Malgré les polémiques, une partie du public a exprimé le souhait de voir ce type d’événement se renouveler. Pour ces spectateurs, le concert a représenté un moment de partage nécessaire, déplorant que l’expérience ait été entachée par des intrigues extra-musicales. L’événement, dirigé par la metteuse en scène Dita Lūriņa, s’est conclu par une « nuit de chants » prolongée, témoignant de l’attachement d’une partie des participants à la pérennisation de ces rassemblements sur le site de Mežaparks.
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