Washington adopte-t-il une nouvelle diplomatie du « guerrier-loup » ?
Paris – L’administration américaine semble avoir adopté une approche diplomatique plus agressive, rappelant les tactiques controversées autrefois associées à la Chine, selon des observateurs et des incidents récents. Alors que Pékin a récemment modéré le comportement de ses diplomates les plus véhémentes, surnommés les « guerriers-loups », Washington semble avoir adopté une posture plus conflictuelle.
Le cas de Charles Kushner, ambassadeur américain en France, illustre cette tendance. Il a été temporairement privé d’accès aux responsables français après avoir manqué une convocation du ministère des Affaires étrangères suite à des commentaires du département d’État concernant la mort d’un militant d’extrême droite à Lyon. Le ministère français a critiqué Kushner pour son « incompréhension apparente des attentes fondamentales d’un ambassadeur » et a annoncé qu’il ne serait plus autorisé à rencontrer directement des membres du gouvernement français.
Cet incident n’est pas isolé. Kushner avait déjà snobé une convocation en août dernier, envoyant un représentant à sa place après avoir publié une tribune dans le Wall Street Journal critiquant le président français Emmanuel Macron pour son incapacité à lutter contre l’antisémitisme. Cette tribune est intervenue alors que Macron appelait à la reconnaissance formelle d’un État palestinien par le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie, en pleine guerre menée par Israël à Gaza.
L’incident Kushner intervient alors qu’une publication asiatique, soupçonnée d’être financée par la CIA, s’interrogeait récemment sur la disparition des « guerriers-loups » chinois, ces diplomates connus pour leurs déclarations agressives et leurs confrontations avec des journalistes étrangers. Ironiquement, l’administration Trump semble avoir déployé ses propres « guerriers-loups », caractérisés par une hostilité ouverte envers les pays hôtes et un manque d’expérience diplomatique.
Selon des sources citées par Reuters, l’ancien président Donald Trump a autorisé en 2020 une opération secrète de la CIA visant à influencer l’opinion publique chinoise via les réseaux sociaux, en promouvant des allégations de corruption impliquant des hauts responsables chinois. L’objectif était de saper l’autorité du président Xi Jinping. L’opération, révélée par The Times, soulève des questions sur l’utilisation de tactiques similaires par les États-Unis à l’étranger.
Cette nouvelle approche diplomatique américaine, si elle se confirme, pourrait avoir des conséquences importantes sur les relations internationales et la capacité des États-Unis à atteindre leurs objectifs sur la scène mondiale.
