L’avenir du régulateur des paiements britannique incertain, son abolition repoussée à 2027
Londres, Royaume-Uni – L’abolition du Payment Systems Regulator (PSR), annoncée l’année dernière par le parti travailliste, ne se fera pas avant le premier trimestre de 2027, a révélé son directeur général, David Geale, lors d’une audition devant la Commission des Trésors du Parlement britannique mercredi. Cette annonce intervient alors que les critiques s’intensifient quant à la lenteur des réformes dans le secteur des paiements.
Geale a précisé qu’il n’avait pas encore pris connaissance des résultats de la consultation gouvernementale sur le régulateur des paiements, ni du calendrier précis de la législation qui officialisera sa dissolution. L’intégration du PSR au sein de la Financial Conduct Authority (FCA) est censée simplifier la réglementation et stimuler la croissance économique, mais les progrès se font attendre.
L’annonce de l’abolition du PSR, saluée comme une mesure phare pour réduire la bureaucratie et dynamiser l’économie, avait été faite par Sir Keir Starmer et Rachel Reeves. Le Chancelier de l’Échiquier avait ensuite présenté la « National Payments Vision » (NPV), une initiative visant à moderniser le secteur des paiements au Royaume-Uni.
Cependant, l’efficacité de ces mesures est remise en question. Geale a admis que, pour l’instant, le travail des équipes du PSR n’avait pas fondamentalement changé. “Ils font largement la même chose”, a-t-il déclaré aux députés, tout en soulignant que des gains d’efficacité avaient été réalisés en ne remplaçant pas les employés ayant quitté l’organisation. Le budget annuel du PSR s’élève à 28 millions de livres sterling, un montant qu’il prévoit de ne pas dépasser.
L’attente est palpable dans le secteur. Lors du sommet Payments Regulation and Innovation de City and Financial Global, Natalie Lewis, responsable des paiements chez Travers Smith, a souligné que l’industrie attendait toujours de voir les effets concrets de ces changements. “On dirait qu’on attend toujours que la pièce tombe”, a-t-elle déclaré.
L’association des paiements, l’organisme représentant le secteur, avait déjà qualifié les réformes de “simple remaniement” plutôt que de véritable transformation.
Cette situation soulève des questions sur la capacité du gouvernement à mettre en œuvre rapidement les changements nécessaires pour moderniser le secteur des paiements britannique, un secteur crucial pour l’économie du pays. Le Royaume-Uni, autrefois à la pointe de l’innovation financière, risque de perdre du terrain face à ses concurrents internationaux si les réformes tardent à se concrétiser.
Selon les données de UK Finance, le secteur des paiements représente environ 6% du PIB britannique, générant des revenus de plus de 100 milliards de livres sterling par an. Une modernisation efficace de ce secteur est donc essentielle pour assurer la compétitivité du Royaume-Uni sur la scène mondiale.
L’avenir du PSR reste donc incertain, et l’industrie des paiements britannique attend avec impatience la publication du Payments Forward Plan, attendu dans les prochains mois, qui devrait fournir une feuille de route pour la mise en œuvre de la NPV.
