Une attaque de requin à Coogee Beach, au sud de Sydney, a laissé une femme de 35 ans dans un état critique après avoir été mordue samedi matin, selon des sources concordantes. Leah Stewart, enseignante et mère de famille, a dû subir une amputation du bras et des chirurgies multiples après avoir été agressée à environ 30 mètres du rivage par un grand requin blanc, tandis que les autorités de Nouvelle-Galles du Sud (NSW) multiplient les mesures de sécurité côtières. Les dons pour sa rééducation ont déjà dépassé 360 000 dollars.
Une attaque “aléatoire” selon les experts : pourquoi Coogee, une zone rare pour les requins blancs
L’attaque de samedi marque un tournant dans la saison des agressions de requins en Australie, où le pays concentre la moitié des décès liés aux requins dans le monde, selon les données du Florida Museum of Natural History. Marcel Green, responsable des programmes sur les requins au ministère de la Primary Industries de NSW, a qualifié l’incident de “événement aléatoire”, soulignant que “personne ne peut être protégé à 100% chaque jour sur chaque plage”. Pourtant, la présence d’un requin blanc à Coogee — où le dernier spécimen capturé dans des filets remontait à 2019 — reste exceptionnelle, selon Chris Pepin-Neff, chercheur en politiques de morsures de requins à l’Université de Sydney.

Contrairement aux attaques récentes de requins-taureaux sur les plages du nord de Sydney, attribuées à des eaux troubles causées par les pluies, l’agression de samedi s’est produite dans des conditions claires et avec une température de l’eau de 18°C, favorisant les requins blancs plutôt que les requins-taureaux. Pepin-Neff précise que “la température de l’eau est le facteur le plus important dans mes 20 ans d’étude des attaques de requins : au-dessus de 20°C, ce sont les requins-taureaux ; en dessous, les grands blancs”.
“C’était juste l’un de ces événements aléatoires. Nous ne pouvons jamais être protégés à 100% sur chaque plage, chaque jour.”
— Marcel Green, responsable des programmes sur les requins, ministère de la Primary Industries de NSW
Le sauvetage héroïque de Charlie Verco : comment un paddleboarder a évité la tragédie
Le récit du sauvetage de Leah Stewart, raconté par Charlie Verco, un paddleboarder de 25 ans en formation pour une compétition, révèle l’urgence de la situation. Alors que Stewart nageait entre les drapeaux de sécurité, son amie a crié “requin” avant que Verco ne voie la victime “tirée par quelque chose dans l’eau”. Il a alors repéré un “grand requin blanc” émerger avant de la tracter jusqu’au rivage, où des secouristes ont appliqué des garrots et pratiqué la réanimation. Stewart a perdu connaissance en cours de route, forçant Verco à maintenir sa tête hors de l’eau.
“Elle était consciente assez pour dire ‘Aidez-moi’ et répondre aux instructions, mais elle était sous le choc et ne pouvait pas tenir une conversation.”
— Charlie Verco, paddleboarder et témoin du sauvetage
Verco, qui avait repéré la scène depuis son paddleboard, a immédiatement alerté les secouristes par signal manuel pour qu’ils évacuent la plage et préparent une zone de triage. Son intervention a été décisive : sans son intervention, les blessures de Stewart — des morsures graves au bras gauche et à la jambe, ainsi que des fractures multiples — auraient pu être fatales. Les images de drones et d’hélicoptères prises après l’attaque ont confirmé la présence d’un requin blanc dans la zone, bien que les autorités n’aient pas pu établir un lien direct avec l’agresseur.
Les mesures de sécurité renforcées : drones, filets intelligents et déterrents électroniques
À la suite de l’attaque, les autorités ont déployé des drones de surveillance au-dessus de Coogee Beach, une mesure temporaire autorisée par la Civil Aviation Safety Authority (CASA). Le club de sauvetage local (SLSC) a organisé une réunion communautaire pour proposer un plan de sécurité multiforme, incluant des sessions de soutien psychologique. Tony Waller, gouverneur du SLSC Coogee, a déclaré que “nous allons mettre en place un plan pour que tout le monde se sente en sécurité au retour sur la plage”.
Sur le plan technologique, les déterrents électroniques — qui émettent des impulsions disruptant les systèmes électrosensibles des requins — suscitent un intérêt croissant. Le professeur Charlie Huveneers, directeur du Southern Shark Ecology Group à l’Université Flinders, explique que ces dispositifs, bien que non infaillibles, réduisent de moitié les risques d’interaction avec des requins tigres, blancs et taureaux lors d’essais cliniques. Cependant, aucun équipement ne garantit une protection absolue : la Western Australian offre même une subvention de 200 dollars pour les déterrents approuvés, dans le cadre d’une stratégie incluant des enclos de plage.
“La première ligne de défense est de réduire la superposition entre les requins et les humains. Ensuite, si on ne peut éviter cette superposition, il faut tenter de diminuer les risques de morsure, et c’est là que les déterrents personnels peuvent être très utiles.”
— Professeur Charlie Huveneers, Southern Shark Ecology Group, Université Flinders
Le parcours de Leah Stewart : entre espoir et défis financiers pour une rééducation longue
Leah Stewart, enseignante à l’école adventiste de Hurstville, était connue pour son énergie et son engagement auprès de ses élèves. Sa famille a lancé une cagnotte en ligne qui a dépassé 360 000 dollars en moins de 48 heures, un montant destiné à couvrir les frais de rééducation, les prothèses et les soins à long terme. Son frère, Joshua Stewart, a remercié les donateurs en soulignant que “Leah affronte une longue route vers la guérison”, avec des chirurgies supplémentaires prévues dans les prochains jours. Les autorités médicales ont confirmé qu’elle était toujours en état critique mais stable.
L’école de Stewart a rendu hommage à son “enseignante bien-aimée et membre précieux de notre communauté”, tandis que des proches décrivent une femme “pleine de vie et d’énergie”. Les dons continuent d’affluer, reflétant l’impact émotionnel de l’attaque dans une communauté déjà marquée par des incidents similaires cet été. Les autorités de NSW, qui ont fermé les plages de Bondi à Maroubra pendant 24 heures après l’attaque, examinent désormais des mesures plus durables, bien que le ministre de l’Agriculture, Tara Moriarty, ait insisté sur le fait que “rien n’est exclu” — une formulation qui laisse présager des débats sur les filets de protection, les drones permanents ou même des restrictions de baignade.
Que faire pour se protéger ? Les experts répondent
Avec près de 16 millions d’Australiens visitant les côtes chaque année — dont 42% entrant dans l’eau — selon Surf Life Saving Australia, la question des mesures de prévention reste cruciale. Les experts s’accordent sur trois principes : éviter les zones à risque (comme les embouchures de rivières où les requins-taureaux se rassemblent), respecter les drapeaux de sécurité et utiliser des déterrents testés. Cependant, comme le souligne Huveneers, “même les meilleurs déterrents ne sont pas infaillibles”. Pour les plongeurs ou les pêcheurs, les conseils incluent de ne pas nager seul, d’éviter les zones troubles et de signaler toute présence de requin.
À Coogee, où les attaques de requins blancs sont rares, les autorités locales envisagent désormais des solutions hybrides : drones de surveillance en temps réel, filets intelligents (comme le système Smart Drumline) et une communication renforcée avec les baigneurs. Mais la solution ultime, selon Pepin-Neff, réside dans une meilleure compréhension des comportements des requins : “Nous devons continuer à étudier ces animaux pour anticiper leurs mouvements, plutôt que de simplement réagir aux incidents.”
Et maintenant ? Les prochaines étapes pour Coogee et les baigneurs
Alors que les plages de Sydney rouvrent progressivement, les questions persistent : cette attaque marque-t-elle un tournant dans la gestion des requins en Australie ? Les autorités de NSW, qui ont déjà dépensé des millions dans des programmes de surveillance, pourraient accélérer le déploiement de technologies comme les drones autonomes ou les capteurs sous-marins. Cependant, comme le rappelle Green, “aucune mesure ne peut éliminer à 100% le risque”. Pour les baigneurs, la prudence reste de mise : éviter les heures de pointe (où les poissons sont plus actifs), rester près des drapeaux et signaler toute présence suspecte.
Pendant ce temps, Leah Stewart continue sa lutte pour la vie, entourée par une communauté en deuil et en colère. Son histoire soulève une question plus large : dans un pays où les attaques de requins sont une réalité statistique, comment concilier sécurité et accès libre aux plages, pilier de la culture australienne ? Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si Coogee devient un symbole de vigilance accrue — ou un rappel tragique des limites de la technologie face à la nature.
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