Norvège : Coup de théâtre fiscal pour les voitures électriques, le gouvernement durcit le ton
Oslo, norvège – Le gouvernement norvégien a dévoilé un projet de budget qui pourrait marquer un tournant dans sa politique de soutien aux véhicules électriques (VE). Alors que la Norvège est un leader mondial de l’adoption des VE, le projet de loi prévoit la suppression progressive des exonérations de TVA sur ces véhicules, une mesure qui suscite déjà une vive opposition.
Le gouvernement justifie cette décision par la nécessité de rééquilibrer la fiscalité entre les véhicules à combustion interne (VCI) et les VE. Pour ce faire, il prévoit également une augmentation significative de la taxe unique appliquée aux VCI, basée sur leur poids et leurs émissions de CO2 et de NOx, avec une hausse prévue entre 20 000 et 30 000 couronnes norvégiennes (environ 1 900 à 2 850 euros). une augmentation de la taxation des combustibles fossiles est également à l’étude.
Malgré la suppression de l’exonération de TVA, le gouvernement assure que les VE resteront financièrement plus avantageuses que les VCI. Cependant, cette affirmation est contestée par l’association norvégienne des véhicules électriques (Norsk elbilforening), qui craint une baisse des ventes de VE et une augmentation des ventes de VCI, ces derniers représentant encore 70% du parc automobile norvégien.L’association propose une réduction progressive du plafond à partir duquel la TVA est calculée, plutôt qu’une suppression brutale de l’exonération.
Un tour de vis fiscal progressif sur les VE
Cette proposition s’inscrit dans une tendance plus large de réduction progressive des avantages fiscaux accordés aux VE en Norvège. depuis 2023, les VE sont soumises à une taxe au poids lors de leur immatriculation, bien qu’elles soient exemptées de la taxe d’immatriculation appliquée aux VCI, qui prend en compte les émissions polluantes.
En 2024,les VCI ont déjà été soumis à une taxe unique moyenne de plus de 180 000 couronnes norvégiennes (environ 17 000 euros),à laquelle s’ajoutent les droits d’importation que les VE n’ont pas à payer.
Contexte et enjeux de la transition énergétique en Norvège
La Norvège, grâce à son abondante production d’hydroélectricité, a pu encourager massivement l’adoption des VE, devenant un modèle pour d’autres pays. Cette politique a permis de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports.
Cependant, la popularité croissante des VE pose des défis financiers au gouvernement, qui doit trouver des sources de revenus alternatives pour financer les infrastructures et les services publics. La suppression de l’exonération de TVA sur les VE pourrait générer des recettes fiscales supplémentaires, mais elle risque également de freiner la transition vers une mobilité plus durable.
Le projet de budget doit maintenant être approuvé par le Parlement norvégien, où il pourrait subir des modifications importantes en fonction des négociations avec les différents partis politiques. L’avenir de la politique de soutien aux VE en Norvège reste donc incertain.
