Le gouvernement ougandais a lancé les plans pour construire l’aéroport international de Mbarara, un projet qui suscite des réactions contrastées dans l’ouest du pays. Alors que les acteurs économiques y voient une opportunité de développement, les professionnels du tourisme estiment que l’emplacement actuel n’est pas le plus stratégique. Pendant ce temps, les efforts de récupération des fonds distribués dans le cadre du modèle de développement paroissial (PDM) progressent lentement, avec seulement 9,3 milliards de shillings ougandais récupérés sur les 3,25 billions injectés. NTV et NTV Uganda révèlent que le projet, bien que soutenu par les autorités, fait face à des critiques sur son utilité réelle pour la région.
Un projet économique, mais contesté par les professionnels du tourisme
L’idée d’un aéroport international à Mbarara, dans l’ouest de l’Ouganda, est présentée comme un levier de croissance économique pour la région. Selon les informations recueillies par NTV, les dirigeants locaux et les hommes d’affaires saluent cette initiative, qui pourrait attirer des investissements et stimuler les échanges commerciaux. Cependant, les acteurs du secteur touristique expriment des réserves. Pour eux, un aéroport dans la sous-région de Kigezi serait plus judicieux, car il serait mieux positionné pour servir les flux touristiques internationaux.
Cette divergence d’opinions illustre un débat plus large : celui de l’équilibre entre développement économique et attractivité touristique. Les professionnels du tourisme craignent que l’aéroport de Mbarara, situé en dehors des principales zones touristiques, ne génère qu’un trafic limité et ne profite pas pleinement aux infrastructures existantes. À l’inverse, les promoteurs du projet soulignent son potentiel pour relier l’ouest du pays aux hubs régionaux et internationaux.
Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des infrastructures ougandaises. Depuis plusieurs années, le gouvernement investit massivement dans les transports, avec pour objectif de réduire les inégalités entre les différentes régions du pays.
Récupération des fonds PDM : un bilan contrasté
En parallèle, le gouvernement ougandais a lancé une opération de récupération des fonds distribués dans le cadre du modèle de développement paroissial (PDM). Selon NTV Uganda, 3,25 billions de shillings ont été injectés dans le programme, dont 2,75 billions ont effectivement atteint les populations locales. Pourtant, seulement 9,3 milliards de shillings ont été récupérés, un taux de retour extrêmement faible.
Cette situation reflète une méconnaissance persistante parmi les bénéficiaires, qui continuent de considérer ces fonds comme une donation plutôt que comme un prêt. Les districts de Mityana et Mubende, où les efforts de récupération sont les plus avancés, montrent que des méthodes ciblées peuvent porter leurs fruits. Cependant, à l’échelle nationale, le défi reste immense.
Le contraste entre l’enthousiasme pour le projet de l’aéroport et la lenteur de la récupération des fonds PDM révèle deux facettes de la gestion publique en Ouganda. D’un côté, une volonté claire d’investir dans les infrastructures ; de l’autre, des difficultés persistantes à faire comprendre aux populations les mécanismes de financement et de remboursement.
Quelles conséquences pour l’ouest de l’Ouganda ?
Si le projet de l’aéroport international de Mbarara se concrétise, il pourrait avoir des répercussions majeures sur l’économie locale. Les promoteurs misent sur une augmentation des échanges commerciaux, une meilleure connectivité avec les marchés régionaux et une attractivité accrue pour les investisseurs. Cependant, comme le soulignent les professionnels du tourisme, son impact dépendra largement de sa capacité à intégrer les flux touristiques existants.

À court terme, le projet pourrait stimuler la construction et les services connexes, créant des emplois dans un secteur actuellement peu développé. Mais à moyen terme, son succès dépendra de sa capacité à attirer des compagnies aériennes et des passagers. Sans une demande suffisante, l’aéroport risque de rester sous-utilisé.
Par ailleurs, la question de la récupération des fonds PDM pose un défi plus large : celui de la confiance entre les autorités et les citoyens. Si le gouvernement parvient à clarifier les attentes et à expliquer les mécanismes de remboursement, cela pourrait renforcer la légitimité de ses projets futurs. À l’inverse, une gestion perçue comme opaque pourrait alimenter les critiques et ralentir les initiatives.
Et après ? Les prochaines étapes du projet
Les prochains mois seront cruciaux pour l’avenir de l’aéroport international de Mbarara. Les autorités devront trancher sur son emplacement définitif, en tenant compte des arguments des professionnels du tourisme. Une étude d’impact plus approfondie pourrait aider à évaluer les besoins réels de la région et à ajuster le projet en conséquence.
Du côté de la récupération des fonds PDM, les districts pilotes comme Mityana et Mubende serviront de modèle pour les autres régions. Si les méthodes mises en place portent leurs fruits, elles pourraient être généralisées à l’ensemble du pays. Cependant, sans un changement de mentalité parmi les bénéficiaires, les résultats resteront limités.
En définitive, le projet de Mbarara illustre les défis auxquels fait face l’Ouganda dans sa quête de développement : concilier modernisation des infrastructures et gestion transparente des fonds publics, tout en répondant aux attentes des différentes parties prenantes. Son succès dépendra autant de sa faisabilité technique que de sa légitimité politique et sociale.
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