Maynard James Keenan remet en question certains classiques de Tool, évoquant des paroles “simples”
LOS ANGELES – Maynard James Keenan, figure emblématique du rock progressif et frontman du groupe Tool, a exprimé des réserves quant à certaines des chansons les plus populaires de son groupe, allant jusqu’à qualifier les paroles de certaines d’entre elles de “simples” et “peu susceptibles de résister à l’examen”. L’artiste, connu pour son approche introspective et souvent énigmatique de l’écriture, a partagé ces réflexions lors d’une apparition sur le podcast Wilde Ride! animé par Steve-O, star de l’émission Jackass.
L’échange a débuté lorsque Steve-O a mentionné qu’une recherche par intelligence artificielle décrivait la musique de Tool comme “révérencieuse”, une affirmation qui a suscité un sourire ironique de la part de Keenan. “Révérence pour la fellation poing ?”, a-t-il rétorqué, faisant référence à la chanson de 1996, “Stinkfist”, et à son interprétation souvent controversée.
Keenan a ensuite précisé que certaines compositions plus anciennes lui posaient problème lors des concerts. “Il y a des vieilles chansons de Tool que je n’aime pas jouer parce que j’ai l’impression de les avoir ratées. Ce sont des chansons populaires, mais j’essayais de faire une blague et c’était une blague stupide, et j’aurais dû passer à autre chose. J’ai l’impression que les paroles ne tiennent pas la route”, a-t-il expliqué.
Il a notamment cité “4 Degrees”, issue du premier album Undertow, en avouant que l’intention initiale derrière l’écriture était une plaisanterie sur le sexe anal. “La façon dont je l’ai écrite… j’essayais de faire une blague sur le cul, et c’était stupide. La chanson est belle, ce que les autres ont fait musicalement est génial, et peut-être que la mélodie est bonne, mais les paroles sont juste stupides. Je ne sais pas ce que je pensais”, a-t-il confessé.
Cette remise en question intervient alors que Tool, après avoir sorti Fear Inoculum en 2019, continue de susciter l’intérêt des fans. Le groupe a effectué une tournée en 2025, incluant des morceaux rarement joués en concert et une reprise de “Hand Of Doom” de Black Sabbath.
https://www.youtube.com/watch?v=hZJif6JAKXU
Bien que Keenan et Adam Jones aient récemment indiqué qu’ils travaillaient sur du nouveau matériel, le processus créatif de Tool reste réputé pour sa lenteur et son perfectionnisme. Justin Chancellor, bassiste du groupe, a souligné dans une interview accordée à NME en 2024 que la pression ne vient pas de l’extérieur, mais de leur propre désir de maintenir la qualité et l’intégrité de leur musique. “Nous sommes conscients que peu de groupes restent ensemble aussi longtemps que nous, ce qui nous donne envie de continuer à innover et à créer quelque chose de nouveau”, a-t-il déclaré.
L’influence de Tool dépasse le domaine musical. Le grimpeur en solo Alex Honnold a récemment fait la une des journaux en escaladant le Taipei 101, l’un des plus hauts gratte-ciel du monde, en écoutant la musique du groupe.
Parallèlement, le projet parallèle de Keenan, Puscifer, sortira son nouvel album Normal Isn’t le 6 février, démontrant la créativité prolifique de l’artiste.
L’aveu de Keenan, bien que surprenant pour certains fans, témoigne de son honnêteté artistique et de sa volonté de ne pas se reposer sur ses lauriers. Dans un paysage musical souvent dominé par la nostalgie et la reproduction, cette remise en question est un rappel que même les œuvres les plus acclamées peuvent être soumises à un examen critique, même par leurs propres créateurs. L’impact culturel de Tool, avec plus de 13 millions d’albums vendus aux États-Unis selon la RIAA, continue de résonner auprès d’un public mondial, et cette nouvelle confession ne manquera pas de susciter de nouvelles discussions et analyses.
