Tensions commerciales et incertitudes géopolitiques pèsent sur les marchés asiatiques
TOKYO – Les marchés boursiers d’Asie-Pacifique ont affiché des résultats mitigés lundi, les investisseurs évaluant les risques persistants liés aux tensions géopolitiques et aux menaces commerciales croissantes. La journée a été marquée par une volatilité accrue, notamment sur le marché des changes, et une ruée vers les valeurs refuges comme l’or.
La tension entre les États-Unis et le Canada a particulièrement attiré l’attention. Le Premier ministre canadien Mark Carney a affirmé que son pays n’avait aucune intention de négocier un accord de libre-échange avec la Chine, suite à la menace du président américain Donald Trump d’imposer des tarifs douaniers de 100% sur les produits canadiens si Ottawa devait s’engager dans de telles négociations. Carney a souligné le respect par le Canada de ses engagements commerciaux, notamment ceux pris dans le cadre de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), qui exige une notification préalable avant de conclure des accords commerciaux avec des économies non de marché. Cette déclaration intervient dans un contexte de protectionnisme croissant et de réévaluation des relations commerciales internationales.
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Au Japon, l’indice Nikkei 225 a chuté de 1,52%, tandis que le Topix a reculé de 1,76%. La faiblesse du marché japonais s’explique en partie par les inquiétudes concernant une possible intervention du gouvernement pour contrer la récente appréciation du yen. Le Premier ministre japonais a en effet signalé qu’il était prêt à agir contre les mouvements spéculatifs du marché, ce qui a alimenté les craintes d’une intervention directe sur le marché des changes. Barclays a souligné que cette perspective pourrait aggraver la faiblesse du dollar.
Le yen s’est renforcé de 0,45% pour atteindre environ 155,01 dollars. Cette appréciation du yen, combinée à la menace d’intervention gouvernementale, a créé un climat d’incertitude pour les investisseurs.
Les autres marchés asiatiques ont présenté des performances contrastées. L’indice composite de Séoul (Kospi) a progressé de 0,64%, tandis que le Kosdaq, axé sur les petites capitalisations, a enregistré une hausse plus importante de 2,28%. À Hong Kong, l’indice Hang Seng a légèrement reculé de 0,26%, tandis que l’indice CSI 300 de la Chine continentale a gagné 0,27%. L’indice S&P/ASX 200 australien a augmenté de 0,13%.
La demande d’or a atteint des niveaux records, dépassant les 5 000 dollars l’once, alors que les investisseurs se tournent vers des actifs refuges en raison des incertitudes géopolitiques. Le dollar américain a également reculé, l’indice du dollar tombant de 0,52% à 90,087. Le dollar singapourien s’est quant à lui renforcé pour atteindre son plus haut niveau depuis plus de dix ans, atteignant 1,271 dollar.
Aux États-Unis, les contrats à terme ont terminé la journée en baisse, les investisseurs se préparant à une semaine riche en événements, notamment la publication de résultats d’entreprises clés et une réunion de la politique monétaire américaine. Les contrats à terme Dow Jones ont perdu 131 points (0,27%), tandis que les contrats à terme S&P 500 et Nasdaq-100 ont reculé de 0,33% et 0,48% respectivement.
Vendredi dernier, les principaux indices américains ont clôturé sur des notes diverses. Le Nasdaq Composite a prolongé ses gains, porté par un apaisement des craintes géopolitiques, tandis que le Dow Jones Industrial Average a sous-performé. Le Nasdaq a progressé de 0,28% pour atteindre 23 501,24, tandis que le Dow a perdu 285,30 points (0,58%) pour clôturer à 49 098,71. La baisse de près de 4% de Goldman Sachs a pesé sur l’indice des 30 valeurs vedettes. L’indice S&P 500 a enregistré une légère hausse de 0,03% pour terminer à 6 915,61.
Ces fluctuations des marchés mondiaux soulignent la sensibilité de l’économie mondiale aux tensions géopolitiques et aux incertitudes commerciales. La situation actuelle exige une surveillance attentive et une gestion prudente des risques par les investisseurs et les décideurs politiques.
Sean Conlon et Pia Singh de CNBC ont contribué à cet article.
