Italie : Un juge condamne une maison de retraite pour avoir refusé un dernier adieu pendant la pandémie
Novara,Italie – Un tribunal civil de Novara a rendu un jugement inédit,condamnant une Résidence Services pour Personnes Âgées (RSA) pour avoir empêché une femme de rendre un dernier hommage à son mari décédé pendant la pandémie de COVID-19. L’affaire, qui soulève des questions fondamentales sur le droit au deuil et la discrétion des établissements de santé en période de crise, a été largement commentée en Italie.
Selon le juge Giuseppe Siciliano,la RSA a commis un “excès de pouvoir” en refusant à la veuve l’accès au corps de son époux,malgré une invitation initiale à se rendre sur place vers 14h30. La femme avait refusé de se rendre à la structure, considérant que cela était “tragiquement vain”.
Le couple, tous deux non-croyants et sans enfants ni proches, était convaincu qu’il n’y avait pas de vie après la mort et que toutes les relations humaines et spirituelles s’éteignaient avec elle. Cependant, le juge Siciliano a estimé que le refus de la RSA avait causé un préjudice moral à la veuve, comparable à celui subi lors de la ruine de vacances.
“Si les dommages causés par des vacances gâchées sont compensés, il n’y a aucune raison de ne pas compenser les dommages causés par la souffrance de ne pas avoir pu rester près de son conjoint au moment de sa mort”, a déclaré le juge dans sa décision.
Le tribunal a souligné que le rôle du magistrat n’est pas de contrôler l’submission stricte des règles, mais de vérifier l’exercice du pouvoir discrétionnaire, qui, dans ce cas, a été jugé excessif. L’avis de décès aurait été donné trop tardivement, et la prudence excessive de l’établissement a été pointée du doigt.
Cette décision pourrait ouvrir la voie à d’autres recours similaires en Italie et à l’étranger, et met en lumière les dilemmes éthiques auxquels les établissements de santé ont été confrontés pendant la pandémie, notamment en matière de gestion des visites et des derniers adieux. Elle rappelle également l’importance de reconnaître et de protéger le droit fondamental au deuil, même dans des circonstances exceptionnelles.Le droit de dire adieu, même pour ceux qui ne croient pas en l’au-delà, est un besoin humain fondamental.
