Les responsables de la preuve de la commission Madlanga examinent actuellement si le dirigeant des Economic Freedom Fighters (EFF), Julius Malema, doit être cité à comparaître. Cette décision fait suite à la présentation de messages WhatsApp suggérant que M. Malema aurait servi de relais entre Feroz Khan et l’homme d’affaires Mohammed Sayed.
Les échanges WhatsApp au cœur de l’enquête
La commission Madlanga a révélé des communications électroniques liant Julius Malema à des manœuvres politiques complexes. Selon les informations rapportées par EWN, Feroz Khan n’aurait pas communiqué directement avec le leader des EFF, préférant utiliser Mohammed Sayed comme intermédiaire. Ces échanges, datant de 2021, montrent que M. Khan rédigeait des questions parlementaires destinées à piéger l’ancien inspecteur général du renseignement, Setlhomamaru Dintwe.
Le responsable de la preuve, Matthew Chaskalson, a qualifié ces manœuvres de tentatives délibérées visant à induire en erreur le Parlement. Dans une conversation, M. Khan aurait déclaré :
Les questions parlementaires auraient été, selon les preuves documentaires, détournées de leur fonction première pour servir des intérêts personnels et tactiques visant à déstabiliser la surveillance de l’appareil de renseignement. L’utilisation de tiers pour acheminer ces questions soulève des questions sur l’intégrité du processus de dépôt des questions au Parlement.
La défense de Julius Malema face aux allégations
Dans une déclaration sous serment soumise à la commission, Julius Malema a formellement nié toute implication dans un complot visant à évincer le Dr Dintwe. Malema soutient que la réception d'informations provenant de diverses sources, publiques ou secrètes, fait partie intégrante de ses fonctions de membre du Parlement.

Le leader des EFF a par ailleurs exprimé des réserves sur la validité des preuves présentées. Il a affirmé :
M. Malema a également insisté sur le fait que ses interactions avec des responsables des forces de l’ordre, comme le commissaire de police du KwaZulu-Natal, Nhlanhla Mkhwanazi, s’inscrivaient dans le cadre de ses responsabilités de surveillance parlementaire, notamment concernant l’enquête sur le meurtre de l’artiste AKA. Cette ligne de défense souligne une distinction importante que la commission devra trancher : la frontière entre le travail parlementaire légitime de collecte de renseignements et la collusion avec des acteurs cherchant à manipuler les institutions de l’État.
Vers une possible convocation devant la commission
La question de savoir si Julius Malema sera appelé à témoigner reste en suspens. Jeremy Michaels, porte-parole de la commission, a précisé que la priorité demeure l'équité envers toutes les personnes impliquées.
Le porte-parole a déclaré :
Pendant ce temps, Feroz Khan reste absent des audiences, se remettant d’une tentative d’assassinat survenue en juin. Les avocats de M. Khan continuent toutefois de participer aux débats, alors que les preuves accumulées, incluant des éléments sur des transactions financières et des liens avec des activités illicites, continuent d’être analysées par les commissaires. L’absence physique de M. Khan ne suspend pas les travaux de la commission, qui s’appuie sur une masse de preuves numériques et de témoignages croisés pour établir la véracité des faits.

La commission Madlanga doit maintenant déterminer si les éléments de preuve sont suffisants pour justifier une audition formelle de M. Malema sous serment. Une telle convocation marquerait une étape significative dans le mandat de la commission, illustrant la volonté de l’instance d’auditionner des figures politiques de premier plan lorsque des preuves documentaires suggèrent une interférence directe avec le fonctionnement des agences de renseignement. Le calendrier des prochaines audiences reste à confirmer, les responsables de la preuve continuant de trier les documents soumis avant de finaliser la liste des témoins appelés à la barre.
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