Yémen : Le Sud envisage une normalisation avec Israël,mais la paix reste fragile
New York – Le président du Conseil de transition du Sud (STC) yéménite,Aïdarus al-Zubaidi,a ouvert la voie à une normalisation des relations entre un Yémen du Sud indépendant et israël,mais a souligné que cette outlook est inextricablement liée à la création d’un État palestinien viable. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes en mer Rouge, où les Houthis, soutenus par l’iran, continuent de cibler les navires marchands, et d’une guerre civile dévastatrice qui a divisé le Yémen depuis 2014.
Zubaidi a plaidé pour un retour à la situation pré-1990, lorsque le Yémen était divisé en deux États distincts – la République arabe du Yémen au Nord et la République démocratique populaire du Yémen du Sud. Il a cependant précisé qu’un tel arrangement ne garantirait pas automatiquement la paix avec les Houthis, qui contrôlent actuellement une partie importante du territoire yéménite.
Cette proposition intervient alors que les États-Unis ont récemment mené des frappes contre les Houthis en réponse à leurs attaques maritimes, tandis que l’administration Trump avait conclu un cessez-le-feu avec le groupe en mai dernier.Israël, de son côté, continue de mener des opérations militaires contre les Houthis.
Le STC, soutenu par les Émirats arabes unis, ambitionne l’indépendance du Yémen du Sud. Zubaidi a affirmé qu’un Yémen du Sud souverain adhérerait aux Accords d’Abraham,les accords de normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes. Il a toutefois insisté sur le fait que la pérennité de ces accords dépend de la “sécurité et de la reconnaissance de l’État de Palestine”.
Contexte et perspectives d’avenir :
La situation au Yémen est complexe, enracinée dans des décennies de conflits politiques, économiques et religieux. La guerre civile actuelle, qui a débuté en 2014 avec la prise de Sanaa par les Houthis, a plongé le pays dans une crise humanitaire catastrophique.
La division du Yémen entre le Nord et le Sud a des racines historiques profondes. Les deux États ont connu des trajectoires différentes après l’indépendance de la Grande-Bretagne dans les années 1960, avec le Yémen du Nord adoptant une forme de république conservatrice et le Yémen du Sud embrassant le socialisme. L’unification en 1990 n’a pas réussi à résoudre les tensions sous-jacentes, et le Sud a souvent exprimé des griefs concernant la marginalisation politique et économique.
La normalisation des relations entre Israël et les pays arabes, facilitée par les Accords d’Abraham, représente un changement géopolitique majeur dans la région. Cependant, cette normalisation reste controversée, en particulier en l’absence de progrès significatifs vers une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien.
La rencontre prévue entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien président américain Donald Trump à la Maison blanche, le 29 septembre, pourrait également influencer les dynamiques régionales et les perspectives de paix au Yémen et au-delà.
