Directeur de Vanguardia détenu brièvement au Mexique, une nouvelle escalade dans une affaire de harcèlement judiciaire
MONTERREY, Mexique – Armando Castilla, PDG du journal mexicain Vanguardia, a été brièvement détenu le 9 janvier à l’aéroport de Monterrey, dans l’État de Nuevo León, dans le cadre d’une enquête pour corruption immobilière qui s’est rapidement avérée infondée. Sa libération le lendemain souligne une série d’actions en justice apparemment fabriquées contre lui et son organisation, qui, selon les défenseurs de la liberté de la presse, visent à le faire taire pour ses reportages critiques.
Castilla a déclaré que l’arrestation était le résultat d’une “opération élaborée” impliquant plus de 36 agents et une douzaine de véhicules, conçue pour le faire comparaître devant les tribunaux. Les autorités ont initialement cherché à justifier sa détention provisoire en invoquant un risque de fuite, mais les preuves ont rapidement démontré qu’il se trouvait à Bogota, en Colombie, lors de la prétendue transaction immobilière illégale. Des tampons d’immigration sur son passeport ont confirmé son alibi.
“Ils ont inventé une histoire qui, avec la complicité d’autorités qui ont non seulement abandonné leurs responsabilités, mais sont devenues partie prenante d’un stratagème criminel impliquant l’enlèvement et l’extorsion”, a déclaré Castilla.
L’incident est le dernier d’une longue série de poursuites judiciaires intentées contre Vanguardia depuis 2016, date à laquelle le journal a publié des informations sur les enquêtes menées en Espagne contre l’ancien gouverneur de Coahuila, Humberto Moreira, pour blanchiment d’argent et liens avec le crime organisé. Selon des données de l’organisation Committee to Protect Journalists (CPJ), le Mexique reste l’un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes, avec au moins six journalistes tués en 2023. Plus de 90% des crimes contre les journalistes mexicains restent impunis.
Vanguardia est actuellement confrontée à une action en justice commerciale en cours dans l’État de Coahuila, qui vise à saisir et à vendre les actifs de l’entreprise. La Cour suprême de justice mexicaine a accepté de se saisir de l’affaire en novembre 2023, en raison d’irrégularités et de contradictions dans la procédure.
Une analyse indépendante de la plainte initiale déposée contre Castilla auprès du bureau du procureur général de l’État de Nuevo León a révélé qu’elle ne répondait même pas aux exigences de base en matière d’admissibilité. Le manque de documentation à l’appui a encore affaibli les accusations, qui semblaient reposer uniquement sur le témoignage d’un notaire ayant des liens professionnels avec l’ancien gouverneur Moreira.
L’organisation WAN-IFRA, qui défend la liberté de la presse dans le monde, a exprimé son soutien à Castilla et à ses collègues de Vanguardia. “Protéger les journalistes et les médias contre la menace de poursuites judiciaires et d’actions en justice injustifiées est essentiel pour garantir qu’une presse libre puisse exercer son rôle essentiel dans la société”, a déclaré Andrew Heslop, directeur exécutif de WAN-IFRA pour la liberté des médias.
[Intégration potentielle d’un tweet de WAN-IFRA sur l’affaire : Rechercher sur X.com (anciennement Twitter) les tweets récents de @WAN_IFRA concernant Armando Castilla ou Vanguardia et intégrer le tweet pertinent ici.]
Cet incident met en évidence les défis croissants auxquels sont confrontés les journalistes au Mexique, où la violence et le harcèlement judiciaire sont souvent utilisés pour museler les voix critiques. Le gouvernement mexicain s’est engagé à protéger la liberté de la presse, mais les défenseurs des droits de l’homme affirment que des progrès supplémentaires sont nécessaires pour garantir la sécurité des journalistes et mettre fin à l’impunité des crimes commis contre eux. La situation de Vanguardia est un cas d’école de la manière dont le système judiciaire peut être instrumentalisé pour réprimer les médias indépendants et entraver le droit du public à l’information.
