Fin d’une grève de la faim en prison au Royaume-Uni, mettant en lumière les tensions autour du conflit israélo-palestinien
LONDRES – Muhammad Umer Khalid, un détenu de 22 ans, a mis fin à une grève de la faim de 17 jours en prison, après avoir été hospitalisé pour insuffisance organique, a-t-il déclaré dans un communiqué. Sa protestation, qui s’est intensifiée avec l’arrêt de la consommation d’eau pendant trois jours, visait à attirer l’attention sur la situation en Palestine et à dénoncer ce qu’il considère comme l’indifférence du gouvernement britannique.
Khalid, incarcéré à la prison de Wormwood Scrubs dans l’ouest de Londres en attendant son procès pour une affaire de cambriolage sur la base aérienne de Brize Norton en juin, a expliqué qu’il avait été confronté à un choix crucial à l’hôpital : recevoir un traitement médical ou risquer la mort imminente en raison d’une insuffisance rénale et hépatique aiguë, ainsi que d’un risque d’arrêt cardiaque.
“À l’hôpital, on m’a donné le choix entre un traitement et une mort probable dans les 24 heures en raison d’une insuffisance rénale, d’une insuffisance hépatique aiguë et d’un risque d’arrêt cardiaque”, a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il avait mis fin à sa grève de la faim en partie parce qu’il avait encore des choses à faire et en partie parce qu’il estime que les responsables britanniques “ne se soucient pas de nos vies et ne se soucient pas de notre mort dans ces cellules”.
Dans un geste de défi direct, Khalid a lancé un appel au Premier ministre Keir Starmer et au vice-Premier ministre David Lammy, affirmant qu’ils pouvaient “venir et me tuer eux-mêmes” s’ils le souhaitaient.
L’hospitalisation de Khalid a coïncidé avec une manifestation de solidarité devant la prison, où 86 protestataires ont été arrêtés pour intrusion aggravée après avoir refusé de quitter les lieux. La police londonienne a confirmé qu’ils seront inculpés.
La grève de la faim de Khalid s’inscrit dans un mouvement plus large. Il faisait partie d’un groupe de cinq détenus britanniques qui avaient initialement lancé une grève de la faim pour s’opposer à un contrat gouvernemental de 2,7 milliards de dollars avec la société israélienne Elbit Systems, visant à former 60 000 soldats britanniques. Ce contrat a depuis été annulé.
Suite à la protestation et à l’hospitalisation de Khalid, le directeur de la prison a accepté de le rencontrer et a levé les restrictions sur ses visites en attendant son procès.
Cet incident intervient dans un contexte de tensions internationales croissantes concernant le conflit israélo-palestinien. Les manifestations de solidarité avec la Palestine se multiplient à travers le monde, et les critiques à l’égard de la politique du gouvernement britannique à cet égard s’intensifient.
Le cas de Khalid souligne la complexité des enjeux liés à la liberté d’expression, à la protestation politique et aux droits des détenus, tout en mettant en lumière les préoccupations persistantes concernant la situation en Palestine et l’implication du Royaume-Uni dans le conflit.
[Image d’illustration : Des chars israéliens se déplaçant le long de la frontière avec Gaza, le 20 octobre 2025. Photo par Jim Hollander/UPI]
[Lien vers la photo : https://www.upi.com/News_Photos/lp/9dc9d63107c0604757ad059d938b70bc/]
Ce cas soulève des questions importantes sur la politique pénitentiaire britannique et la manière dont elle gère les protestations politiques, ainsi que sur l’impact des conflits internationaux sur les individus et les communautés au Royaume-Uni.
