Polémique autour du festival de comédie de Riyad : Des artistes critiquent l’Arabie Saoudite et l’héritage du 11 septembre
Riyad, arabie Saoudite – Un festival de comédie organisé à Riyad, en Arabie Saoudite, suscite une vive controverse, plusieurs artistes exprimant leur dégoût face à l’événement et aux liens du royaume avec les attentats du 11 septembre.
Le festival, qui promet une programmation internationale, a attiré les critiques en raison de l’implication perçue du gouvernement saoudien dans les attentats de 2001. Le podcasteur Marc Maron a notamment dénoncé l’hypocrisie de promouvoir un événement festif alors que le royaume est accusé d’avoir soutenu des individus liés à ces tragédies, faisant référence au journaliste Jamal Khashoggi assassiné.
“Comment faites-vous même la promotion de cela ? Des gens qui vous ont apporté le 11 septembre.Deux semaines de rire dans le désert, ne le manquez pas !”, a ironisé Maron sur son podcast WTF. Il a souligné le lien entre les financeurs du festival et l’assassinat de Khashoggi.
Le comédien Shane Gillis a également exprimé son désaccord, déclarant avoir refusé une offre financière importante pour participer, affirmant : “vous n’êtes pas 9/11 vos amis.”
La polémique intervient alors qu’un juge fédéral de New York a récemment autorisé un procès intenté par des familles de victimes du 11 septembre contre l’Arabie Saoudite, les accusant d’une possible implication dans les attentats.
Parmi les participants au festival, Pete Davidson, dont le père, pompier, est décédé lors des attentats du 11 septembre, a admis avoir été motivé par le chèque de paie. Il a expliqué avoir accepté de participer malgré les critiques, reconnaissant la contradiction mais justifiant sa décision par l’opportunité financière.
Contexte et implications :
Cette controverse met en lumière les tensions persistantes entre divertissement, politique et responsabilité morale. L’Arabie Saoudite, engagée dans une stratégie de diversification économique et d’ouverture culturelle, cherche à attirer des événements internationaux pour améliorer son image. Cependant, son bilan en matière de droits de l’homme et son implication potentielle dans des événements tragiques comme le 11 septembre continuent de susciter des critiques et des appels au boycott.
L’affaire soulève également des questions sur la liberté d’expression et la responsabilité des artistes lorsqu’ils acceptent des contrats dans des pays aux antécédents controversés. Le débat sur l’opportunité de “normaliser” les relations avec des régimes autoritaires à travers le divertissement est loin d’être clos.
Le festival de Riyad,en devenant un point de convergence de ces enjeux,illustre la complexité croissante des relations entre le monde du spectacle et la géopolitique.
