Le 24 juin, deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé le Venezuela, provoquant au moins 1 700 morts et des milliers de blessés. Depuis, la terre ne cesse de trembler, avec 512 répliques enregistrées selon le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez. Les experts expliquent pourquoi ces tremblements de terre, appelés « répliques » en espagnol, peuvent durer des mois.
Les causes géologiques des répliques
« Les répliques sont des tremblements de terre qui soulagent les changements de tension dans la croûte terrestre provoqués par un autre séisme », explique le géologue britannique Sam Wimpenny, interrogé par la BBC. Cependant, le géologue chilien Daniel Melnick, de l’Université Austral du Chili, critique le terme « réplique », jugeant qu’il est inadéquat. « Le mot anglais *aftershock* est plus précis, car il désigne un phénomène survenant après un séisme, toujours d’une magnitude inférieure », affirme-t-il, cité par la Universidad Austral de Chile.
Les répliques surviennent lorsque l’énergie libérée par un séisme se transmet aux roches environnantes, augmentant les tensions existantes. « Lorsque ces tensions dépassent la résistance des roches, elles se rompent, libérant une nouvelle énergie et créant de nouvelles failles », précise l’Encyclopédie Britannica, citée par la BBC.
« En 2010, le séisme de 8,8 en Chili a eu des répliques qui ont duré 4 à 5 ans », rappelle Melnick. Pour un séisme de magnitude 7, les répliques peuvent durer plusieurs mois, voire un an, selon lui.
Les témoignages des habitants de Coro
À Coro, dans l’état de Falcon, les habitants décrivent une « incertitude tendue » face aux répliques. Marbella Bermúdez, citoyenne locale, raconte : « La nuit, on ne dort pas, on est sur le qui-vive. » Les infrastructures endommagées par le séisme principal ont subi davantage de dégâts, selon Radio Fe y Alegría Noticias.

« Les répliques sont comme des secousses qui rappellent le danger », explique une autre habitante. Les citoyens souhaitent plus d’information pour mieux se préparer, souligne le média.
La vulnérabilité de La Guaira
La Guaira, située sur la côte centrale, a subi une dévastation bien plus importante que d’autres régions. Le géofysicien Michael Schmitz, de l’Université Simón Bolívar, explique que la combinaison de conditions géologiques, de l’urbanisation dense et d’un manque de préparation a aggravé les dégâts. « C’était une surcharge de trois phénomènes : un mouvement du sol très important, une amplification par certains types de sol et une vulnérabilité des bâtiments », précise-t-il, cité par El Nacional.
Le séisme a eu lieu à la frontière entre les plaques tectoniques de la Caraïbe et de l’Amérique du Sud. « La plupart des séismes majeurs en Venezuela sont liés à la tension entre ces deux plaques », indique le géologue britannique Sam Wimpenny.
La science en quête de compréhension
Malgré les avancées, les mécanismes exacts des répliques restent incomplets. « On peut compter les répliques, mais le processus physique qui les génère n’est pas encore clair », admet un chercheur, cité par la BBC. Les théories évoquent la migration de fluides, la redistribution des contraintes ou un effet en cascade, mais aucune n’est totalement établie.

« Les répliques sont une source d’information précieuse pour identifier les zones sismiques et évaluer les risques », ajoute Daniel Melnick, soulignant leur rôle dans l’amélioration des modèles de prévention.
Les habitants du Venezuela, encore sous le choc, attendent des réponses. Les experts recommandent une vigilance prolongée, car les répliques pourraient persister pendant des mois, selon les données de l’USGS.
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