Netanyahu promet de démilitariser Gaza, exclut un État palestinien malgré les pressions internationales
Gaza/Jérusalem – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé mardi son engagement à désarmer le Hamas et à démilitariser la bande de Gaza, même après le rapatriement des derniers restes d’otages israéliens capturés lors de l’attaque du 7 octobre. Il a également catégoriquement exclu la possibilité d’un État palestinien à Gaza, malgré une reconnaissance croissante de l’État palestinien par plusieurs pays occidentaux.
“Nous sommes maintenant concentrés sur l’achèvement des deux tâches restantes : désarmer le Hamas et démilitariser Gaza des armes et des tunnels”, a déclaré Netanyahu lors d’une conférence de presse télévisée. “Cela se fera de la manière facile ou de la manière difficile. Mais cela arrivera.” Il a précisé qu’aucune reconstruction ne serait envisagée à Gaza tant que ces objectifs ne seraient pas atteints.
Le rapatriement des restes de Ran Gvili, le dernier otage dont la mort avait été confirmée, lundi, a marqué une étape importante dans la mise en œuvre du cessez-le-feu négocié par les États-Unis, qui prévoyait initialement la libération de tous les otages en échange du désarmement du Hamas. Bien que le Hamas ait affirmé que le retour du corps de Gvili démontrait son engagement envers l’accord, il n’a pour l’instant pas rendu ses armes. Le groupe a régulièrement déclaré que le désarmement était une ligne rouge, tout en suggérant qu’il serait prêt à les remettre à une autorité palestinienne légitime.
La position intransigeante de Netanyahu intervient alors que la communauté internationale intensifie ses appels à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Plusieurs pays européens, dont l’Espagne, la Norvège et l’Irlande, ont récemment reconnu l’État palestinien, une décision saluée par les Palestiniens mais fermement critiquée par Israël.
“Un État palestinien à Gaza n’est pas arrivé et n’arrivera pas”, a insisté Netanyahu, se vantant d’avoir “bloqué à plusieurs reprises” la mise en œuvre d’un tel scénario. Il a réaffirmé que Israël maintiendrait le contrôle de la sécurité sur Gaza et la Cisjordanie occupée, “de la rivière Jordan à la mer”.
Tensions régionales et menace iranienne
La situation est d’autant plus préoccupante que les tensions régionales s’intensifient. Netanyahu a également fait allusion à des remarques récentes de l’ancien président américain Donald Trump concernant l’Iran, pays régulièrement menacé par Trump de représailles en raison de sa politique intérieure et de son soutien à des groupes armés dans la région.
Les États-Unis ont déployé un groupe aéronaviguer de porte-avions dans la région, ce qui a suscité des avertissements de l’Iran, qui a juré de se défendre en cas d’attaque. “Si l’Iran commet la grave erreur d’attaquer Israël, nous répondrons avec une force qu’Iran n’a jamais vue”, a déclaré Netanyahu.
Trump a déclaré à Axios qu’il pensait que des négociations avec l’Iran étaient encore possibles, affirmant que Téhéran avait “appelé à de nombreuses reprises” pour entamer des discussions. Cependant, le président iranien Masoud Pezeshkian a critiqué les “menaces” américaines, les qualifiant de tentatives de déstabilisation de la région lors d’un appel avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.
Israël et l’Iran se sont affrontés dans un conflit de 12 jours en juin dernier, Israël frappant des cibles militaires à travers l’Iran et tuant plusieurs hauts responsables militaires et scientifiques nucléaires iraniens. L’Iran a riposté par des attaques de missiles balistiques sur des villes israéliennes, et les États-Unis sont brièvement intervenus en frappant des installations nucléaires avant de déclarer un cessez-le-feu.
Impact humanitaire et perspectives d’avenir
La guerre à Gaza, qui a débuté en octobre 2023, a laissé une grande partie du territoire en ruines et a provoqué une crise humanitaire majeure. Selon les Nations Unies, plus de 34 000 Palestiniens ont été tués et plus de 77 000 blessés depuis le début du conflit. Plus de 80% de la population de Gaza a été déplacée.
La situation humanitaire à Gaza reste désespérée, avec des pénuries critiques de nourriture, d’eau, de médicaments et d’abris. Les organisations internationales appellent à un accès humanitaire sans entrave et à une solution politique durable pour mettre fin au conflit et permettre la reconstruction de Gaza.
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La position ferme de Netanyahu et l’escalade des tensions régionales laissent présager une période d’incertitude et de défis majeurs pour la région. La communauté internationale est confrontée à la tâche complexe de trouver un moyen de désamorcer la situation, de protéger les civils et de promouvoir une paix durable.
