Dhaka se souvient de l’attentat à la grenade de 2004 alors que le Bangladesh se prépare aux élections
DHAKA, Bangladesh – Alors que le Bangladesh s’apprête à voter lors des élections générales de la semaine prochaine, un événement tragique de 2004 refait surface dans les mémoires : l’attentat à la grenade contre un rassemblement de l’opposition dirigé par l’actuelle Première ministre Sheikh Hasina. L’attaque, survenue le 21 août 2004, a fait 24 morts et plus de 500 blessés, ébranlant les fondements de la démocratie bangladaise.
Hasina s’adressait à une foule estimée à près de 20 000 partisans de la Ligue Awami sur l’avenue Bangabandhu lorsqu’une série de grenades militaires ont été lancées sur la foule. L’attaque visait directement Hasina, mais des membres de la Ligue Awami et des agents de sécurité se sont interposés, la protégeant en la faisant se baisser sur le camion où elle se trouvait.
“Le plan était manifestement de me tuer”, a déclaré Hasina le lendemain, dans une déclaration faite à sa résidence. “Les tirs visant mon véhicule en témoignent. La grâce d’Allah Tout-Puissant m’a sauvée, mais 18 personnes sont mortes jusqu’à présent.”
Parmi les victimes figure Ivy Rahman, alors secrétaire aux affaires féminines de la Ligue Awami et épouse de l’ancien président Zillur Rahman. Sa mort a particulièrement choqué la nation.
L’attaque a été largement condamnée à l’échelle internationale comme une agression contre la démocratie. Les enquêtes initiales ont pointé du doigt le groupe extrémiste Harkat-ul-Jihad al-Islami (HuJI). En novembre 2007, Mufti Mohammad Hannan, un chef de HuJI, et deux de ses complices ont avoué avoir mené l’attaque visant Hasina, confessant leurs actes devant un magistrat sous haute sécurité.
L’attentat à la grenade de 2004 a laissé des séquelles durables sur Hasina elle-même. Elle souffre encore aujourd’hui de lésions auditives causées par l’explosion. Cet événement, ainsi que les années d’opposition et de tentatives d’assassinat, ont façonné sa trajectoire politique et son leadership.
Le Bangladesh, pays d’Asie du Sud comptant plus de 170 millions d’habitants, a connu des périodes d’instabilité politique et de violence. Les élections de la semaine prochaine sont considérées comme cruciales pour la consolidation de la démocratie du pays et la poursuite de son développement économique. L’attentat de 2004 sert de rappel brutal des dangers qui guettent la démocratie et de l’importance de la protection des leaders politiques et des citoyens.
Le contexte de cet événement est particulièrement pertinent alors que le Bangladesh se prépare à ces élections. La Commission électorale du Bangladesh a mis en place des mesures de sécurité renforcées pour assurer un scrutin pacifique et équitable. Le gouvernement a également déployé des forces de sécurité supplémentaires dans tout le pays pour prévenir tout incident.
L’attentat à la grenade de 2004 reste un chapitre sombre de l’histoire du Bangladesh, mais il a également révélé la résilience et la détermination du peuple bangladais à défendre ses valeurs démocratiques.
