Le marché du travail peine à absorber la génération Z, surtout les jeunes hommes diplômés
NEW YORK – La génération Z se heurte à des difficultés croissantes pour s’insérer sur le marché du travail, une situation particulièrement préoccupante pour les jeunes hommes diplômés d’université, révèle une analyse récente. Alors que le taux de chômage global chez les jeunes de 22 à 27 ans s’élève à 7,8%, celui des jeunes diplômés atteint 5,6%, selon des données de la Federal Reserve.
Un contraste frappant émerge toutefois : les jeunes hommes diplômés présentent désormais un taux de chômage comparable à celui des jeunes hommes n’ayant pas fait d’études supérieures. En 2010, la situation était radicalement différente, avec un taux de chômage supérieur à 15% pour les hommes sans diplôme et autour de 7% pour les diplômés. Ce renversement de tendance souligne une perte significative de la valeur ajoutée d’un diplôme universitaire sur le marché du travail actuel.
Les employeurs semblent accorder de moins en moins d’importance aux diplômes, privilégiant désormais les compétences concrètes. En effet, 90% des responsables des ressources humaines indiquent qu’ils se tournent vers des candidats ne possédant pas nécessairement un diplôme universitaire, selon des données récentes.
Des disparités entre les sexes
La situation diffère considérablement entre les hommes et les femmes. Le taux de chômage des jeunes femmes diplômées est d’environ 4%, bien inférieur à celui de leurs homologues masculins. Cette différence s’explique en partie par la croissance des secteurs d’activité traditionnellement féminins, comme la santé, qui offre de nombreuses opportunités d’emploi. Le secteur de la santé devrait créer en moyenne 1,9 million de postes par an au cours de la prochaine décennie, selon le Bureau of Labor Statistics américain.
Les experts soulignent également que les femmes ont tendance à faire preuve de plus de flexibilité dans leurs choix de carrière, acceptant plus facilement des emplois ne correspondant pas parfaitement à leurs aspirations initiales, même s’ils sont à temps partiel ou sous-qualifiés. Les hommes, en revanche, ont tendance à privilégier les postes correspondant à leur idéal de carrière et offrant une rémunération et un statut social élevés.
Un intérêt croissant pour les métiers qualifiés
Face à ces difficultés, certains jeunes de la génération Z renoncent aux études supérieures et se tournent vers les métiers qualifiés. Le nombre d’étudiants inscrits dans des écoles professionnelles publiques a augmenté de 20% depuis 2020, représentant une hausse de plus de 850 000 étudiants.
Cette tendance est encouragée par des figures influentes comme Daniel Lubetzky, fondateur de KIND bars et juge de l’émission Shark Tank, qui estime que les métiers qualifiés, tels que la charpenterie ou la mécanique, offrent d’importantes opportunités de carrière et une rémunération attractive. Il souligne que l’obtention d’un diplôme universitaire n’est plus une condition sine qua non pour réussir professionnellement.
Parallèlement, on observe une diminution du nombre d’inactifs (NEET – Not in Education, Employment, or Training) chez les jeunes, bien que 11% de la génération Z se trouvent encore dans cette situation. Les jeunes hommes sont particulièrement touchés par ce phénomène, ce qui souligne la nécessité de mettre en place des politiques publiques visant à favoriser leur insertion professionnelle.
Cette évolution du marché du travail appelle à une réflexion sur la pertinence des filières d’études et la nécessité de développer des formations professionnelles adaptées aux besoins des entreprises.
