Le Festival de Cannes a interdit l’entrée d’un nourrisson de quatre mois en 2019, une décision critiquée comme l’une des plus discriminatoires envers les femmes dans l’histoire de l’événement. Cette règle, parmi d’autres controverses récurrentes, révèle un décalage persistant entre le prestige artistique du festival et ses normes sociales anachroniques.
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Une interdiction symbolique : le cas du bébé de quatre mois
En 2019, le Festival de Cannes a fait parler de lui pour une mesure aussi absurde que révélatrice : l’interdiction d’entrée pour un nourrisson de quatre mois. Selon The Guardian, cette décision s’inscrivait dans une série de règles discriminatoires à l’encontre des femmes, déjà pointées du doigt depuis des années. Aucune justification officielle n’a été fournie, mais l’incident illustre une tendance plus large : le festival, souvent célébré pour son avant-gardisme cinématographique, peine à moderniser ses codes vestimentaires et sociaux.
Cette affaire s’ajoute à une liste déjà longue de controverses liées à l’exclusion des femmes. En 2015, des productrices et spectatrices avaient été refoulées pour ne pas porter de talons hauts, malgré des handicaps physiques. Valeria Richter, productrice ayant subi une amputation partielle du pied, avait été visée par cette règle. Un an plus tard, Julia Roberts avait marqué les esprits en défilant pieds nus sur le tapis rouge, dénonçant publiquement cette exigence.
Le cas du bébé de 2019 reste isolé dans les archives du festival, mais il symbolise une logique plus vaste : Cannes, malgré son image d’institution progressiste, maintient des normes qui relèvent davantage du XIXe siècle que du XXIe. Aucune mise à jour officielle des règles n’a été communiquée depuis, laissant planer le doute sur leur application actuelle.
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Quand le glamour devient une arme : les autres controverses récurrentes
Les scandales liés à l’exclusion ou à la censure ne datent pas de 2019. En 1983, Isabelle Adjani, alors au sommet de sa gloire, avait été ignorée par les photographes lors d’une cérémonie. Une décision collective, jamais expliquée, qui avait choqué l’industrie. Plus récemment, en 1994, Quentin Tarantino avait répondu à une spectatrice huant Pulp Fiction en lui faisant un geste obscène, illustrant la tension permanente entre liberté artistique et réactions du public.

Les films eux-mêmes ne sont pas épargnés. Depuis des décennies, des œuvres primées ou présentées à Cannes ont provoqué des huées, des départs massifs ou des débats houleux. En 2023, Jeanne du Barry, avec Johnny Depp dans le rôle-titre, avait relancé les tensions autour de la présence de l’acteur, encore marqué par son procès médiatisé contre Amber Heard. Plus tôt cette année, des scènes jugées trop explicites dans des films comme Camp Miasma (avec des scènes de vomissements et d’excrétions sur un yacht) avaient provoqué des réactions vives, mêlant fascination et dégoût.
Ces controverses ne sont pas anecdotiques. Elles révèlent une fracture entre deux visions du Festival : celui qui se présente comme un temple de la création audacieuse, et celui qui applique des règles arbitraires, souvent au détriment des femmes ou des minorités. Aucune réforme structurelle n’a été engagée pour y remédier, malgré les critiques récurrentes.
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Pourquoi ces règles persistent-elles ?
Plusieurs éléments expliquent la persistance de ces normes. D’abord, le Festival de Cannes se revendique comme un événement élitiste, où le paraître prime sur le fond. Les organisateurs, souvent issus de milieux traditionnels, défendent ces règles au nom d’une esthétique intangible
, sans jamais en justifier les fondements. Ensuite, la pression médiatique et commerciale pousse à maintenir une image de glamour absolu
, même si cela implique des exclusions.
Enfin, le manque de transparence des décisions aggrave le problème. Aucune charte officielle ne détaille les critères d’accès aux événements, laissant une marge d’interprétation totale aux agents de sécurité. En 2024, Kelly Rowland avait d’ailleurs été verbalisée pour avoir contesté une interdiction, lui lançant You’re not my mother!
— une réplique qui avait circulé sur les réseaux sociaux, soulignant l’arbitraire des contrôles.
Face à ces critiques, le festival a rarement réagi. En 2020, une pétition avait été lancée pour abolir l’obligation des talons hauts, sans succès. Aujourd’hui, aucune évolution n’est visible, malgré l’évolution des mentalités dans le reste de la société.
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Que reste-t-il de ces controverses en 2026 ?
À l’aube de l’édition 2026 du Festival de Cannes, aucune annonce officielle n’indique une révision des règles controversées. Pourtant, le contexte a changé : les réseaux sociaux amplifient les scandales en temps réel, et les attentes en matière d’égalité et d’inclusivité se sont durcies. Plusieurs associations féministes ont appelé à une réforme, mais les organisateurs restent silencieux.
Si le festival continue de célébrer des œuvres audacieuses, son incapacité à moderniser ses propres codes pose question. Le cas du bébé de 2019, bien que marginal, reste un symbole de ces dysfonctionnements. À moins d’un changement radical, Cannes risque de continuer à naviguer entre génie artistique et anachronisme social.
Une chose est sûre : tant que ces règles existeront, le festival restera un terrain miné pour celles et ceux qui osent les défier. Et les controverses, elles, ne manqueront pas de revenir.
