Le 10 janvier 2026, la *National Portrait Gallery* du *Smithsonian* a rétabli les mentions des deux destitutions de Donald Trump dans la notice accompagnant son portrait officiel, après les avoir retirées en janvier 2024 sous la pression de controverses politiques.
Un retour en arrière sous haute tension politique
La décision du *Smithsonian* de réintégrer les références aux procédures de destitution engagées contre Donald Trump en 2019 et 2021 marque un revirement symbolique dans un débat qui dépasse largement le cadre muséographique. Selon *The New York Times*, cette modification intervient après des mois de tensions entre conservateurs et institutions culturelles, où l’accusation de “biais politique” a servi d’arme contre les musées et galeries américaines.
En janvier 2024, le *Smithsonian* avait supprimé les panneaux explicatifs accompagnant le portrait de Trump, invoquant des “conflits internes” et des pressions externes. À l’époque, des figures républicaines comme le représentant *Elise Stefanik* avaient dénoncé une “censure idéologique”, tandis que des associations de défense de la liberté d’expression saluaient une posture de neutralité. Deux ans plus tard, la notice a été restaurée, mais sans que les raisons officielles de ce changement soient clairement exposées par l’institution.
Ce qui était présenté comme un geste de neutralité en 2024 s’avère aujourd’hui une ligne de front dans une guerre culturelle plus large. Le *Smithsonian*, qui se définit comme le plus grand complexe muséal et éducatif au monde, se retrouve pris entre son rôle de conservateur de l’histoire et les attentes politiques de ses financeurs – dont une partie provient de dons privés, parfois sensibles aux positions partisanes.
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La *National Portrait Gallery* : entre mission historique et pressions contemporaines
La *National Portrait Gallery*, dépendance du *Smithsonian Institution*, a pour mandat de représenter les figures marquantes de l’histoire américaine. Pourtant, depuis l’élection de Trump en 2016, son approche des portraits politiques est devenue un enjeu récurrent. En 2020, l’ajout d’une notice évoquant les “controverses” liées à sa présidence avait déjà provoqué des réactions vives parmi ses détracteurs.
Cette fois, le retour des mentions sur les destitutions – l’une liée à l’affaire *Ukraine* (2019), l’autre à l’assaut du Capitole (2021) – interroge sur la capacité des institutions culturelles à documenter des événements encore brûlants. Le *Smithsonian* avait justifié son retrait initial par le besoin d’”éviter les polémiques”, une position que des historiens comme *Eric Foner* (Columbia University) avaient critiquée comme une “censure par peur”.
Pourtant, la réintégration des panneaux ne clôt pas le débat. Des questions persistent : cette décision est-elle le fruit d’une réévaluation interne, ou d’une concession aux critiques conservatrices ? Le musée a-t-il reçu des garanties pour éviter de nouvelles pressions ? À ce stade, aucune déclaration officielle ne tranche, mais les observateurs notent un silence inhabituel de la part des conservateurs républicains – un signe que le sujet, bien que sensible, n’est plus aussi explosif qu’en 2024.
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Un contexte plus large : les musées face aux divisions politiques
L’affaire du *Smithsonian* s’inscrit dans une tendance plus large aux États-Unis, où les institutions culturelles sont devenues des cibles de polarisation. En 2025, le *Metropolitan Museum of Art* (New York) avait dû retirer une exposition sur les mouvements sociaux après des menaces de retrait de subventions de la part de donateurs républicains. Plus tôt cette année, le *Museum of Fine Arts* de Boston a reporté une rétrospective sur *Frida Kahlo* sous la pression de groupes conservateurs, invoquant un “manque de neutralité”.
Ces épisodes illustrent une dynamique où l’art et l’histoire ne sont plus perçus comme des espaces apolitiques, mais comme des champs de bataille idéologiques. Le *Smithsonian*, avec son budget annuel de 1,7 milliard de dollars (chiffre 2025) et ses 19 musées et centres de recherche, incarne cette tension à une échelle sans précédent. Sa capacité à concilier mission éducative et résistance aux pressions extérieures sera un test pour les années à venir.
Reste une question cruciale : cette réintégration des mentions sur Trump marque-t-elle un retour à une approche plus transparente, ou simplement une adaptation tactique pour désamorcer les critiques ? Les prochains mois le diront, à mesure que d’autres portraits politiques – comme ceux de *Joe Biden* ou de figures controversées comme *Alexandria Ocasio-Cortez* – seront exposés.
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Et maintenant ? L’avenir des notices controversées
Si le *Smithsonian* a rétabli les références aux destitutions de Trump, la question de la neutralité des musées reste entière. En 2026, alors que les élections présidentielles approchent (les primaires démocrates et républicaines débutent en février 2027), les institutions culturelles devront arbitrer entre leur rôle de conservateurs de la mémoire et leur dépendance à des financements privés.
Une piste possible : le musée pourrait adopter un langage plus neutre, en s’appuyant sur des faits vérifiables (dates, votes au Congrès) plutôt que sur des interprétations. Une approche similaire à celle du *Congressional Research Service*, qui documente les procédures sans prendre parti. Mais dans un contexte où chaque mot est scruté, cette voie sera difficile à tenir.
À court terme, l’impact de cette décision pourrait être limité. Les visiteurs habitués aux débats autour de Trump y verront peut-être une normalisation, tandis que ses opposants y liront une victoire symbolique. Mais à long terme, l’affaire rappelle une réalité : aux États-Unis, l’histoire ne s’écrit plus seulement dans les livres, mais aussi dans les salles d’exposition – et chaque notice est une bataille.
Une chose est sûre : le *Smithsonian* ne sera plus jamais perçu comme un simple dépôt de curiosités. Il est désormais un acteur politique à part entière, et cette position, il l’occupe pour le meilleur… ou pour le pire.
