Starmer sous le feu des critiques après un voyage en Chine, accusé d’avoir été dupé par Pékin
LONDRES – Le Premier ministre britannique Keir Starmer est confronté à un examen minutieux après son récent voyage en Chine, certains l’accusant d’avoir été induit en erreur par Pékin concernant la levée des sanctions imposées à des parlementaires britanniques. La controverse met en lumière les tensions persistantes entre Londres et Pékin, et soulève des questions sur l’influence chinoise et la défense des intérêts britanniques.
L’affaire a été soulevée par l’ancien ministre de la Sécurité conservateur, Tom Tugendhat, qui a exprimé son étonnement face à la levée sélective des sanctions. En 2021, la Chine avait imposé des sanctions à Tugendhat, à l’ancien chef conservateur Iain Duncan Smith, à la vice-présidente de la Chambre des Communes Nusrat Ghani et à l’ancien ministre conservateur Neil O’Brien, les interdisant d’entrer en Chine, à Hong Kong et à Macao. Ces sanctions comprenaient également le gel de leurs avoirs en Chine et l’interdiction pour les citoyens et institutions chinoises de faire affaire avec eux.
Selon Tugendhat, la levée des sanctions ne concerne que les parlementaires encore en fonction, excluant ceux qui ont quitté la Chambre des Communes, ainsi que les avocats, conseillers et universitaires qui les soutiennent. “Est-ce que cela ne constitue pas une offense directe à la démocratie de ce pays, une tentative de diviser pour mieux régner que nous avons déjà vue la Chine utiliser contre le Parlement européen, et qui a malheureusement dupé notre gouvernement ?”, a-t-il déclaré à la Chambre des Communes.
Le voyage de Starmer en Chine, le premier d’un Premier ministre britannique depuis 2015, visait à relancer les relations bilatérales et à aborder des questions sensibles telles que les droits de l’homme, le commerce et la sécurité nationale. Cependant, cette affaire de sanctions risque de compromettre les progrès réalisés et de raviver les critiques à l’égard de l’approche de Starmer envers Pékin.
Les sanctions chinoises contre les parlementaires britanniques avaient été imposées en représailles aux critiques occidentales concernant le traitement des Ouïghours dans la région du Xinjiang, ainsi qu’aux sanctions imposées par le Royaume-Uni à des responsables chinois accusés de violations des droits de l’homme. Selon un rapport de l’ONU publié en 2022, il existe des “indications crédibles” de violations des droits de l’homme à grande échelle dans le Xinjiang, notamment des détentions arbitraires, des travaux forcés et des persécutions religieuses.
L’incident souligne la complexité croissante des relations entre la Chine et les démocraties occidentales. Alors que la Chine continue d’affirmer son influence économique et politique sur la scène mondiale, les pays occidentaux sont confrontés à un dilemme : maintenir des liens économiques avec Pékin tout en défendant leurs valeurs et leurs intérêts.
Le gouvernement britannique n’a pas encore commenté directement les accusations de Tugendhat. Cependant, un porte-parole a déclaré que le Premier ministre s’engage à défendre les droits de l’homme et les valeurs démocratiques dans ses relations avec la Chine.
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Cette affaire est susceptible de susciter un débat public plus large sur la politique britannique à l’égard de la Chine et sur la nécessité d’une approche plus ferme pour contrer l’influence chinoise et protéger les intérêts nationaux. Elle intervient également à un moment où l’opinion publique britannique est de plus en plus méfiante à l’égard de la Chine, selon les derniers sondages d’opinion.
