Les marchés asiatiques en chute libre face à l’ultimatum de Trump à l’Iran
Tokyo/Hong Kong/New York – Les bourses asiatiques ont subi une journée noire lundi, plombées par la menace du président américain Donald Trump de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes si Téhéran ne rouvre pas le détroit d’Ormuz. La tension géopolitique croissante, conjuguée aux craintes d’une crise énergétique mondiale, a entraîné une vague de ventes massives.
L’indice Nikkei 225 de Tokyo a dégringolé de 4%, tandis que le KOSPI de Séoul a perdu 4,5% en début de séance. Hong Kong n’a pas été épargné, avec une chute d’environ 2% du Hang Seng Index. L’ASX 200 australien a reculé de 1,6% et le NZX 50 néo-zélandais de 1,3%.
Les contrats à terme sur Wall Street, négociés en dehors des heures d’ouverture des marchés, ont également affiché des pertes modérées, avec des baisses d’environ 0,5% pour les indices S&P 500 et Nasdaq Composite.
Le prix du pétrole s’envole
La volatilité sur le marché pétrolier s’est intensifiée. Les contrats à terme sur le Brent, référence internationale, ont brièvement dépassé les 114 dollars le baril avant de redescendre à environ 112 dollars vers 02h00 GMT. Le prix du pétrole a déjà augmenté de plus de 50% depuis le début des hostilités, le 28 février. Des analystes préviennent que le baril pourrait atteindre 150 voire 200 dollars si le détroit d’Ormuz reste bloqué.
Un ultimatum aux conséquences potentiellement désastreuses
Samedi, Donald Trump a lancé un ultimatum à l’Iran, lui accordant 48 heures pour rouvrir le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel, sous peine de voir ses infrastructures énergétiques "anéanties". Téhéran a répliqué en menaçant de fermer complètement le détroit et de lancer des attaques contre les infrastructures énergétiques et hydriques de la région si Trump met sa menace à exécution.
Le délai de l’ultimatum expire lundi à 23h44 GMT.
Appel à la désescalade
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a eu un entretien téléphonique avec Donald Trump dimanche pour discuter de la situation au Moyen-Orient. Les deux dirigeants ont convenu que la réouverture du détroit d’Ormuz était "essentielle pour assurer la stabilité du marché mondial de l’énergie", selon un communiqué du bureau de Starmer.
Des messages contradictoires de la Maison Blanche
La situation est d’autant plus préoccupante que Donald Trump a envoyé des signaux contradictoires concernant les objectifs de la guerre et sa durée. Quelques heures avant de lancer son ultimatum, il avait affirmé que son administration était "très proche d’atteindre ses objectifs" et envisageait de "réduire" les opérations militaires contre l’Iran.
Un porte-parole militaire israélien, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, a quant à lui déclaré la semaine dernière que des plans étaient en place pour au moins trois semaines de combats supplémentaires.
[Image d’une station-service aux Philippines avec les prix de l’essence, légende : Une femme se tient à côté d’un panneau indiquant les prix à une station-service à Quezon City, Philippines, le 19 mars 2026. (Aaron Favila/AP)]
