Les dockers australiens réclament une semaine de travail de 28 heures sans baisse de salaire face à l’automatisation croissante des ports. Le syndicat Maritime Union of Australia (MUA) s’oppose à la stratégie de DP World, accusant le géant de la logistique de menacer une part significative des emplois portuaires sans consultation préalable.
La revendication syndicale face à l’automatisation
Le bras de fer entre les dockers et l’opérateur portuaire DP World s’intensifie. En réaction à l’intégration croissante de l’intelligence artificielle et de l’automatisation sur les terminaux de Sydney, Melbourne et d’autres ports du pays, le syndicat Maritime Union of Australia (MUA) a officiellement posé une exigence de 28 heures de travail hebdomadaire, tout en maintenant le niveau de rémunération actuel. Cette demande, formulée le 3 juillet, se veut une réponse directe aux plans de restructuration de l’entreprise basée à Dubaï.

Pour le syndicat, la réduction du temps de travail est un mécanisme de protection nécessaire pour compenser les gains de productivité réalisés par l'automatisation, au risque de voir les emplois disparaître au profit de la rentabilité des terminaux.
Le diagnostic sur l’emploi et les outils technologiques
Le conflit repose sur une étude commandée par le MUA au Centre for International Corporate Tax Accountability and Research. Ce rapport souligne que l’automatisation, incluant des grues télécommandées et des véhicules autonomes, est déployée « without genuine consultation » (sans consultation authentique), menaçant plus d’un millier d’emplois.

“If DP World wants AI and automation, then they must pay the social dividend. The new technology doesn’t have to cost our members their jobs or put their livelihoods at risk just so a terminal operator can boost profits.” — Maritime Union of Australia
Le MUA insiste sur le fait que l'innovation technologique « should be used to improve workers' lives, not destroy them » (devrait être utilisée pour améliorer la vie des travailleurs, non pour la détruire), plaçant ainsi les effectifs actuels, qui se sentent « in the crosshairs » (dans le collimateur), au centre des négociations.
L’impasse des négociations en cours
La situation est au point mort depuis 18 mois, période durant laquelle le syndicat a freiné les plans d’automatisation de DP World en attendant les approbations de sécurité nécessaires. Comme le rapporte l’Australian Financial Review, les parties sont engagées dans un processus de consultation de neuf mois. Ce cadre prévoit, en cas d’échec des discussions sur les conditions de travail, le recours à un panel indépendant pour trancher les points de litige.
Pour l'heure, l'opérateur portuaire, qui gère des millions de conteneurs chaque année en Australie, n'a pas infléchi sa position sur le déploiement des outils de gestion par IA, tandis que le syndicat maintient sa ligne rouge concernant la préservation des emplois face à la transformation numérique du secteur.
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