Démission choc à la tête de HDFC Bank : le président Atanu Chakraborty invoque des préoccupations éthiques
Mumbai, Inde – La plus grande banque privée d’Inde, HDFC Bank, est secouée par la démission surprise de son président, Atanu Chakraborty, effective immédiatement. L’ancien haut fonctionnaire du gouvernement indien a invoqué des « préoccupations éthiques » et des « divergences de valeurs » pour justifier sa décision, déclenchant une vente massive d’actions qui a effacé plus de 100 milliards de roupies (environ 1,2 milliard d’euros) de la capitalisation boursière de la banque en une seule journée.
La nouvelle, qui a secoué Dalal Street, la place boursière indienne, a vu l’action HDFC Bank plonger de près de 9%, enregistrant son plus fort recul depuis mars 2020.
Atanu Chakraborty, un ancien haut fonctionnaire du Gujarat, a occupé le poste de secrétaire aux affaires économiques au ministère des Finances indien jusqu’à sa retraite en avril 2020. Il a également représenté l’Inde au conseil d’administration de la Banque mondiale et a été membre du conseil central de la Reserve Bank of India. Sa nomination au poste de secrétaire aux affaires économiques avait été approuvée par le comité des nominations du cabinet.
Dans sa lettre de démission, Chakraborty a souligné que son mandat avait coïncidé avec des étapes clés, notamment la fusion avec HDFC, qui a transformé l’institution en l’un des plus grands conglomérats financiers du pays. Il a toutefois noté que les bénéfices complets de cette fusion n’étaient pas encore pleinement réalisés.
Réassurance de la direction et nomination d’un remplaçant
Face à l’inquiétude des investisseurs, HDFC Bank a rapidement nommé Keki Mistry, l’ancien PDG de HDFC, comme président par intérim, avec l’approbation de la Reserve Bank of India. Mistry a tenu une conférence téléphonique avec les analystes pour tenter de calmer les craintes.
Selon Mistry, il n’y a « aucune lutte de pouvoir au sein de la banque » et le conseil d’administration n’a pas été témoin de divergences d’opinions majeures. Il a affirmé que les membres du conseil n’étaient pas au courant des problèmes soulevés par Chakraborty dans sa lettre et qu’il n’y avait eu aucune discussion sur la gouvernance au sein du conseil.
Mistry a insisté sur le fait que la direction restait alignée et a réaffirmé l’engagement de la banque à préserver la confiance des investisseurs. Il a également souligné que la démission de Chakraborty n’avait aucun impact sur la performance opérationnelle de la banque, affirmant que « ce qui s’est passé hier n’a rien à voir avec la rentabilité opérationnelle ».
L’ancien fonctionnaire, titulaire d’une licence en génie électronique et télécommunications de l’Institut national de technologie de Kurukshetra, ainsi que d’un diplôme d’études supérieures en finance d’entreprise de l’ICFAI, Hyderabad, et d’un MBA de l’Université de Hull au Royaume-Uni, n’a pas détaillé publiquement les préoccupations éthiques qui l’ont poussé à démissionner.
Cette démission intervient à un moment crucial pour HDFC Bank, alors que l’institution s’efforce de consolider les bénéfices de sa récente fusion et de maintenir sa position de leader sur le marché financier indien. L’avenir de la banque et la réponse du marché à cette crise de confiance seront scrutés de près dans les semaines à venir.
