Google sous pression : Samsung pourrait délaisser son moteur de recherche pour Bing
MOUNTAIN VIEW, Californie – Google est sur les nerfs. L’entreprise, qui domine le marché des moteurs de recherche depuis deux décennies, voit son hégémonie menacée par l’essor de l’intelligence artificielle et, plus précisément, par une possible volte-face de son partenaire Samsung. Selon des informations révélées par le New York Times, le géant sud-coréen envisage de remplacer Google par Bing de Microsoft comme moteur de recherche par défaut sur ses appareils. Une nouvelle qui a provoqué une « panique » au sein de Google, selon des messages internes consultés par le quotidien américain.
La menace est d’autant plus sérieuse que Samsung est devenu, pour la première fois, un client majeur de Google, figurant désormais dans le top 5 des clients de l’entreprise, selon des sources de l’industrie. Une perte de ce partenariat pourrait donc avoir un impact significatif sur les revenus de Google.
Face à cette concurrence accrue, Google accélère le développement de son propre moteur de recherche basé sur l’IA, baptisé « Magi ». Le projet, qui mobilise une centaine d’ingénieurs, vise à transformer l’expérience utilisateur en intégrant un outil de chat intelligent capable de répondre aux questions des utilisateurs de manière plus conversationnelle. Google prévoit de dévoiler cette nouvelle version de son moteur de recherche le mois prochain.
« Nous utilisons l’IA depuis des années pour améliorer la qualité de nos résultats et offrir de nouvelles façons de rechercher », a déclaré Lara Levin, porte-parole de Google, dans un communiqué. « Nous sommes enthousiastes à l’idée d’intégrer de nouvelles fonctionnalités basées sur l’IA à la recherche et partagerons plus de détails prochainement. »
L’arrivée de ChatGPT, l’IA conversationnelle d’OpenAI, a sonné l’alarme chez Google. L’entreprise a rapidement réagi en lançant Bard, son propre chatbot, capable de rédiger des textes, de planifier des événements et de proposer des idées de repas. Sundar Pichai, PDG de Google et d’Alphabet, a souligné l’importance d’une approche responsable dans le développement de ces outils, insistant sur la nécessité de recueillir les commentaires des utilisateurs et de renforcer les mesures de sécurité.
Microsoft, de son côté, a investi massivement dans OpenAI et a intégré la technologie de ChatGPT à Bing, intensifiant ainsi la pression sur Google. D’autres géants de la technologie, tels que Meta, Baidu et IBM, ainsi que de nombreuses startups, se lancent également dans la course à l’IA.
Cependant, l’intégration de l’IA dans les moteurs de recherche n’est pas sans risque. Les premières démonstrations de Bard et de Bing AI ont révélé des erreurs et des « hallucinations », c’est-à-dire la génération de réponses incorrectes ou inventées. La fiabilité de l’information reste donc un enjeu majeur. Google a d’ailleurs été critiqué après une erreur factuelle lors d’une démonstration de Bard, entraînant une chute de 7,7% de l’action Alphabet et une perte de 100 milliards de dollars de capitalisation boursière.
L’avenir du paysage de la recherche en ligne est donc incertain. Google devra prouver qu’il est capable de s’adapter à cette nouvelle ère de l’IA et de maintenir sa position de leader face à une concurrence de plus en plus féroce.
