Affaire Begoña Gómez : Enquête prolongée, nouvelles demandes de preuves
Madrid, Espagne – L’enquête sur Begoña Gómez, épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, a été prolongée de six mois par le juge Juan Carlos Peinado, portant à deux ans la durée totale de l’instruction. Cette décision intervient alors que le magistrat attend de nouvelles pièces à conviction cruciales pour son investigation.
Le juge Peinado a demandé à l’Unité Centrale Opérationnelle (UCO) de la Garde Civile un rapport comparatif sur les accords de l’Université Complutense de Madrid (UCM), notamment ceux liés au Master de conversion Sociale Compétitive codirigé par Mme Gómez.L’UCO devra également analyser des données fournies par plusieurs entreprises technologiques,dont Minsait,Flat 101,Google,Devoteam et Telefónica.
Parallèlement, le magistrat a sollicité l’UCM School of Government et amazon pour la remise des échanges de courriels associés aux domaines du master, afin qu’ils soient analysés par l’UCO.
L’enquête s’étend également à la Présidence du Gouvernement, qui doit fournir un rapport sur les personnes ayant occupé le poste de secrétaire général depuis juillet 2018, ainsi que sur les procédures d’autorisation et de paiement des rémunérations, notamment celles versées à l’assistante de Cristina Álvarez, l’épouse de Sánchez. De plus, une copie des courriels envoyés et reçus depuis le compte officiel de Begoña Gómez à La Moncloa est également attendue.
Réaction du gouvernement
Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a estimé lundi que le juge Peinado avait eu suffisamment de temps pour mener son enquête. Il a exprimé son opinion que les investigations supplémentaires ne révéleraient probablement rien de “plus pertinent” que ce qui a déjà été découvert.
Contexte et enjeux
Cette affaire, qui a éclaté en avril 2024, est au cœur d’une vive polémique politique en Espagne. Elle concerne des accusations de trafic d’influence et de corruption liées à des contrats publics attribués à des entreprises ayant des liens avec Begoña Gómez. L’opposition a saisi cette affaire pour attaquer le gouvernement Sánchez, tandis que le Premier ministre a dénoncé une campagne de dénigrement orchestrée par ses adversaires.
La prolongation de l’enquête souligne la complexité de l’affaire et la nécessité pour le juge Peinado de rassembler des preuves solides avant de prendre une décision. L’issue de cette instruction pourrait avoir des conséquences significatives sur la stabilité politique du gouvernement espagnol.
