Colombie : Petro plaide pour des pouvoirs fiscaux d’urgence face aux inondations dévastatrices
BOGOTA, Colombie – Le président colombien Gustavo Petro a lancé un appel urgent mardi au plus haut tribunal du pays pour lever la suspension d’un décret d’urgence économique qui permettrait à son gouvernement de lever des impôts sans l’approbation du Congrès. Cette demande intervient alors que deux provinces du nord de la Colombie sont ravagées par des inondations qui ont déjà fait au moins 14 morts et déplacé près de 70 000 personnes.
“Le meilleur serait que la suspension (du décret d’urgence) soit levée”, a déclaré Petro lors d’une réunion du cabinet retransmise à la télévision, soulignant les difficultés à financer la reconstruction. “Nous devons lever des dizaines de millions de dollars pour faire face à cette crise.”
Les inondations, déclenchées par deux fronts froids inhabituels dans les Caraïbes, ont déversé sur le nord du pays des pluies torrentielles, certaines zones recevant en une semaine l’équivalent d’un mois de précipitations. L’Institut national de météorologie colombien a confirmé l’intensité exceptionnelle de ces événements climatiques.
La situation est particulièrement critique dans les provinces rurales de Sucre et Córdoba, où les dégâts matériels sont considérables. À Monteria, la plus grande ville de Córdoba, des rues sont encore inondées et les habitants se déplacent en canoë pour tenter de sauver leurs biens. “Beaucoup de nos affaires ont pourri”, témoigne Rodolfo Ortega, un habitant de Monteria. “La seule chose que nous avons pu récupérer, ce sont nos vêtements.”
Ce plaidoyer de Petro intervient après l’échec de son gouvernement à faire adopter un projet de loi fiscale l’année dernière, qui visait à augmenter les recettes publiques d’environ 4 milliards de dollars en 2026. En décembre, après la suspension des activités des tribunaux colombiens pendant les vacances, Petro avait promulgué un décret d’urgence économique pour contourner le Congrès et lever des impôts.
Le gouvernement justifiait cette mesure par la nécessité de financer des besoins urgents, notamment la défense contre les attaques de drones de groupes rebelles et le règlement des dettes envers les compagnies d’assurance maladie. Cependant, en janvier, la Cour constitutionnelle colombienne a suspendu le décret, estimant que les motifs invoqués ne constituaient pas des urgences imprévues.
L’administration Petro insiste désormais sur le fait que la situation des inondations justifie pleinement la levée de la suspension. “Si la Cour lève la suspension du décret, nous aurons les ressources nécessaires pour faire face à cette crise”, a affirmé le ministre de l’Intérieur, Armando Benedetti.
Cette crise met en lumière la vulnérabilité de la Colombie face aux événements climatiques extrêmes, exacerbés par le changement climatique. Selon les données de l’ONU, la Colombie est l’un des pays les plus touchés par les catastrophes naturelles en Amérique latine, avec des conséquences économiques et sociales importantes. La levée de la suspension du décret fiscal pourrait permettre au gouvernement de mobiliser rapidement des fonds pour la reconstruction et la prévention des risques, mais soulève également des questions sur la séparation des pouvoirs et le rôle du Congrès.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une publication Instagram montrant l’étendue des inondations, avec la mention de la source et une légende concise.]
Fernando Vergara a contribué à cet article depuis Monteria, Colombie.
Suivez l’actualité de l’Amérique latine et des Caraïbes sur AP : https://apnews.com/hub/latin-america
