Meta Platforms, Inc. a clôturé l’année 2025 en confirmant son retour au sein des entreprises à forte croissance, avec un chiffre d’affaires trimestriel atteignant 59,9 milliards de dollars. Ce résultat dépasse les prévisions du marché et repose essentiellement sur le modèle traditionnel de l’entreprise : la publicité numérique. Cette branche publicitaire représente à elle seule près de 58 milliards de dollars, soit une hausse de 24 % sur un an, portée par une augmentation de 18 % du volume des impressions et une progression de 6 % du prix moyen par annonce. Ces chiffres soulignent que la base de 3,6 milliards d’utilisateurs actifs quotidiens demeure l’un des actifs les plus précieux au monde, malgré les pressions concurrentielles et les enjeux de réputation.
L’érosion des marges opérationnelles chez Meta Platforms
Cependant, derrière ces performances de revenus, le bilan financier présente des zones d’ombre pour les investisseurs. Le bénéfice net trimestriel s’est établi à 22,8 milliards de dollars, marquant une progression limitée à 9 % par rapport à l’année précédente, tandis que le bénéfice par action annuel a reculé de 2 % pour atteindre 23,49 dollars. Ce décalage s’explique par une hausse des dépenses totales de près de 40 % sur l’année. Cette augmentation est alimentée par les investissements massifs dans l’infrastructure d’intelligence artificielle, le recrutement de talents ultra-spécialisés et les coûts de maintien de divisions déficitaires comme Reality Labs. En conséquence, la marge opérationnelle de Meta a subi une érosion notable, passant d’environ 48 % à 41 % au cours du dernier exercice.

Le macrocentre Hyperion et l’acquisition de Scale AI
La direction de l’entreprise a clairement indiqué que cette pression sur les marges n’est pas un phénomène temporaire. Pour l’année 2026, Meta anticipe des dépenses totales situées entre 162 et 169 milliards de dollars, face à des revenus qui, même dans un scénario optimiste, devraient à peine dépasser 220 milliards. Au cœur de cette stratégie se trouve le besoin impératif de construire et d’équiper des centres de données ultra-performants. Les investissements en capital (capex) prévus pour 2026 se situent dans une fourchette de 115 à 135 milliards de dollars, contre 72 milliards en 2025, soit une augmentation de plus de 60 % en un an. Parmi ces projets, le macrocentre « Hyperion » en Louisiane représente un investissement annoncé de 10 milliards de dollars pour sa seule première phase, avec pour objectif d’apporter jusqu’à 5 gigavats de puissance de calcul. À cela s’ajoute l’acquisition de près de la moitié de Scale AI, pour un montant d’environ 14,8 milliards de dollars, visant à garantir un accès privilégié aux données étiquetées et aux experts en modèles avancés.

La création du Meta Superintelligence Labs et l’arrivée d’Alexandr Wang
Cette mutation transforme Meta en une véritable « utility » de calcul, dotée d’une structure de coûts fixes colossale. La stratégie globale a également opéré un virage radical en trois ans : le métavers est passé au second plan, remplacé par l’ambition de la « superintelligence personnelle » intégrée à toutes les applications du groupe. Cette réorientation se traduit par la création du Meta Superintelligence Labs et l’arrivée du fondateur de Scale AI, Alexandr Wang, à un poste clé. L’objectif est de développer des modèles capables de rivaliser avec OpenAI, Google ou Anthropic, pour les déployer dans des outils allant des assistants WhatsApp aux recommandations Instagram.

La chute boursière de Robinhood Markets après l’annonce d’Arena
Cette offensive stratégique a des répercussions directes sur d’autres acteurs du marché. Le 23 juin, le New York Times a révélé que Mark Zuckerberg avait ordonné la création d’« Arena », une application de marchés de prédiction indépendante de Facebook et Instagram. La CNBC a confirmé l’information, précisant que le système reposerait initialement sur des points plutôt que sur de l’argent réel, tout en laissant la porte ouverte à une évolution future. Cette annonce a immédiatement affecté les actions de sociétés comme DraftKings, Flutter et surtout Robinhood Markets (HOOD). Le 24 juin, l’action Robinhood a chuté de 5,87 % pour clôturer à 97,19 dollars, le marché craignant qu’un concurrent bénéficiant de 3,56 milliards d’utilisateurs quotidiens ne vienne menacer le segment de croissance le plus rapide de la plateforme. La réaction boursière a été d’autant plus vive que Robinhood était déjà considéré comme surévalué après avoir progressé de 50 % depuis avril, sous l’effet de volumes records et d’une émission de 2 milliards de dollars en obligations convertibles.
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