Une fillette de 8 ans atteinte de leucémie myéloïde aiguë au Japon a développé une infection du sang liée à un cathéter causée par la bactérie Brevibacterium casei. Selon un rapport publié par pmc.ncbi.nlm.nih.gov, le retrait du dispositif et un traitement antibiotique combiné ont permis l’amélioration clinique de la patiente.
Le rôle des cathéters dans l’émergence de Brevibacterium casei
Le cas rapporté au Japon marque la première fois qu’une infection du sang liée à un cathéter (CRBSI) due à B. casei est documentée chez un enfant. Cette bactérie, un bacille Gram-positif, est connue pour coloniser la peau humaine. Longtemps considérée comme non pathogène, elle s’est récemment imposée comme un agent opportuniste chez les hôtes immunodéprimés.
Le risque est particulièrement élevé pour les patients traités contre la leucémie myéloïde aiguë (LMA). La chimiothérapie induit une neutropénie prolongée, ce qui fragilise les défenses immunitaires. Parallèlement, la nécessité de cathéters veineux centraux sur le long terme crée une porte d’entrée directe pour les infections associées aux soins. Ces dispositifs, bien qu’indispensables pour l’administration répétée de médicaments cytotoxiques et les prélèvements sanguins, franchissent la barrière cutanée naturelle, permettant à des bactéries commensales de la peau, comme B. casei, de pénétrer dans le flux sanguin.
Analyse des données : 16 cas recensés entre 1995 et 2020
Pour établir un protocole de traitement, des chercheurs ont analysé la littérature médicale via PubMed pour la période allant de janvier 1995 à mars 2020. Cette revue a permis d’identifier un nombre très limité de cas documentés.

- Total des patients : 16 cas d’infection à B. casei.
- Population pédiatrique : 4 patients (moins de 15 ans), incluant le cas japonais.
- Localisations possibles : Outre la bactériémie, la bactérie a été associée à des abcès cérébraux, des infections péricardiques, des péritonites et des endophtalmies.
L’analyse souligne que les hémocultures sont les prélèvements les plus fréquents permettant d’isoler B. casei. Le nombre de rapports concernant les CRBSI chez les patients immunodéprimés est, selon pmc.ncbi.nlm.nih.gov, en augmentation. Cette tendance reflète l’utilisation croissante de dispositifs vasculaires invasifs et l’augmentation des survivaux à long terme parmi les patients immunodéprimés grâce aux avancées thérapeutiques.
Stratégies thérapeutiques et résistance aux antibiotiques
Le traitement de B. casei représente un défi car il n’existe pas d’études à grande échelle pour définir la durée optimale ou le choix précis des antibiotiques. Dans le cas de la patiente japonaise, l’isolat a montré une sensibilité diminuée aux antibiotiques bêta-lactamines.
Le succès clinique a été obtenu grâce à une approche double :
- Pharmacologie : Administration combinée de méropénem et de vancomycine.
- Intervention physique : Retrait immédiat de la ligne du cathéter veineux central.
L’examen des 16 cas disponibles suggère que le retrait du cathéter est indispensable dans la majorité des situations pour stopper l’infection. En effet, le biofilm bactérien se formant sur la surface interne du polymère du cathéter protège souvent les bactéries des agents antimicrobiens, rendant l’élimination physique du dispositif cruciale pour l’éradication du foyer infectieux.
Implications pour la surveillance pédiatrique
L’émergence de ce pathogène opportuniste impose une vigilance accrue lors de la détection d’infections chez les enfants immunodéprimés utilisant des dispositifs invasifs. Bien que les cocci Gram-positifs, comme les staphylocoques à coagulase négative ou Staphylococcus aureus, soient les agents les plus courants des CRBSI pédiatriques, la présence de bacilles comme B. casei doit être envisagée.

L’absence de consensus standardisé sur la durée du traitement laisse les cliniciens dépendants des rapports de cas isolés et des revues de littérature pour adapter leur prise en charge. La reconnaissance rapide de B. casei via des techniques de culture et d’identification microbiologique est essentielle, car sa morphologie peut parfois être confondue avec d’autres espèces de Corynebacterium, ce qui pourrait mener à des erreurs de diagnostic initial.
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