Cuba : Le Système Électroénergétique National (SEN) rétabli après un nouveau black-out
Le Système Électroénergétique National (SEN) de Cuba a été officiellement rétabli dimanche 12 juillet 2026 à 6h30, après un effondrement national survenu le vendredi précédent à 16h30, heure locale. Malgré ce retour au réseau, la Unión Eléctrica (UNE) prévoit un déficit important de 1 757 MW pour la pointe nocturne, dans un contexte de pénurie chronique de carburant et de fragilité structurelle du secteur.
Un rétablissement sous tension
Après plus de 24 heures de travaux intensifs pour reconnecter le réseau, les ingénieurs ont réussi à accélérer le rétablissement du service. Selon les données de l’UNE et du Ministère de l’Énergie et des Mines, l’ensemble des provinces était à nouveau relié au système dès l’aube du dimanche 12 juillet. Toutefois, la situation demeure extrêmement précaire : à 6h00 dimanche, la disponibilité énergétique totale n’était que de 1 333 MW pour une demande servie de 1 208 MW, avec 1 540 MW déjà affectés par des coupures.

La fragilité du SEN est illustrée par les pannes techniques qui touchent plusieurs centrales thermiques essentielles. Les unités 6 et 8 de la CTE Mariel, ainsi que l’unité 2 de la CTE Felton, sont actuellement hors service en raison d’avaries. Parallèlement, des opérations de maintenance programmées sont en cours sur l’unité 3 de la CTE Habana, l’unité 5 de la CTE Nuevitas, ainsi que les unités 5 et 6 de la CTE Renté. Ces limitations dans la génération thermique totalisent 667 MW de capacité indisponible. Pour la période de pointe, les autorités prévoyaient l’entrée en service de l’unité 3 de la CTE Renté (40 MW) et la finalisation de l’unité 4 de la CTE Cienfuegos (100 MW).
Le poids de l’instabilité énergétique
Ce récent incident marque le quatrième effondrement généralisé du réseau en seulement six mois, et le neuvième depuis la fin de l’année 2024, sur une île comptant 9,6 millions d’habitants. La répétition de ces coupures a provoqué une lassitude profonde au sein de la population. « ¿Qué puedo hacer? No puedo hacer nada, solo adaptarme para seguir viviendo en este país, lamentablemente, eso es todo, no puedo hacer nada más », a déclaré Eneyda Gómez, une retraitée de 71 ans, face à l’incertitude quotidienne.
L’origine de la panne de vendredi a été attribuée par Lázaro Guerra Hernández, directif du Ministère de l’Énergie et des Mines, à des problèmes techniques sur une ligne reliant les provinces centrales de Villa Clara et Sancti Spíritus, exacerbés par des conditions météorologiques adverses. Cette vulnérabilité est accentuée par les sanctions américaines qui entravent l’approvisionnement en pétrole, indispensable au fonctionnement des générateurs de secours qui utilisent du diésel, un hydrocarbure importé dont l’accès est restreint.
Déficit de production et perspectives
Pour la soirée du dimanche 12 juillet, les autorités prévoient une demande maximale de 3 200 MW. Avec une disponibilité estimée à 1 473 MW, le déficit projeté atteint 1 727 MW. Dans ces conditions, la Unión Eléctrica anticipe une interruption de service touchant environ 1 757 MW lors de la pointe nocturne. À La Havane, ville de 1,7 million d’habitants, une majorité des foyers avaient retrouvé le service dimanche, bien que des coupures programmées persistent en raison de la faible production.

| Indicateur | Valeur estimée |
|---|---|
| Demande maximale | 3 200 MW |
| Disponibilité prévue | 1 473 MW |
| Déficit attendu | 1 727 MW |
| Afectation prévue | 1 757 MW |
La récupération du système est ralentie par ce que le président Miguel Díaz-Canel a qualifié, sur le réseau social X, de processus « muy complejo, bajo el genocida cerco petrolero » imposé par Washington depuis janvier. Le gouvernement cubain souligne que les réparations sont entravées par l’incapacité d’importer le carburant nécessaire, la situation étant marquée par l’autorisation d’un seul pétrolier russe de 100 000 tonnes de brut depuis le début de l’année.
Contexte politique et diplomatique
Ces tensions énergétiques coïncident avec le cinquième anniversaire des manifestations massives de juillet 2021. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a réitéré le 11 juillet que les États-Unis maintiennent une position ferme, conditionnant toute amélioration des relations diplomatiques à des réformes économiques et politiques substantielles sur l’île. « Los líderes de Cuba simplemente deben optar por comprometerse con reformas reales, la paz y la prosperidad, antes de que sea demasiado tarde », a souligné le secrétaire d’État dans un communiqué. Pendant ce temps, la population continue d’exprimer son mécontentement par des « cacerolazos », alors que les coupures de courant dépassent parfois les 30 heures consécutives dans certaines zones de La Havane et se prolongent pendant plusieurs jours dans certaines provinces.
Find more reporting in our Nouvelles section.
