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Survie au cancer aux Pays-Bas : +71 % à 5 ans, même aux stades avancés

by Camille Laurent - Santé
Une amélioration marquée pour les stades avancés

Le taux de survie à cinq ans des patients atteints d’un cancer aux Pays-Bas atteint désormais 71 %, contre 48 % il y a trente ans. Selon les données publiées ce mardi par l’Integraal Kankercentrum Nederland (IKNL), cette progression constante touche tous les stades de la maladie, y compris les formes métastatiques, grâce à des traitements plus ciblés.

Une amélioration marquée pour les stades avancés

La survie à long terme ne concerne plus seulement les cancers détectés précocement. Les chiffres de l’IKNL, analysés par le Reformatorisch Dagblad, révèlent que les patients au stade IV — où la maladie s’est propagée à d’autres organes — voient leur espérance de vie s’allonger. Entre 2010 et 2024, le taux de survie à cinq ans pour ce groupe est passé de 18 % à 25 %.

Le progrès est encore plus spectaculaire pour le stade III, considéré comme la forme la plus grave avant l’extension généralisée. Pour cette catégorie, la survie à cinq ans a presque doublé, passant de 30 % dans la période 1990-1994 à 57 % entre 2020 et 2024. Comme le souligne l’organisme de NRC, ces résultats valident l’efficacité des nouvelles stratégies thérapeutiques.

L’impact des thérapies ciblées et hormonales

L’évolution des soins, marquée par l’abandon progressif du recours exclusif à la chimiothérapie classique, explique ces résultats. L’intégration de l’immunothérapie et des thérapies ciblées permet de freiner les cellules cancéreuses avec moins de dommages collatéraux pour l’organisme. Otto Visser, responsable de l’enregistrement au sein de l’IKNL, explique cette dynamique :

L'impact des thérapies ciblées et hormonales

For more on this story, see Vaccin personnalisé Moderna approuvé : survie sans progression médiane de 123 mois chez 42 % des patients en première ligne.

Otto Visser, Director, Netherlands Cancer Registry

« Le dernier décennie, de nombreux médicaments contre le cancer sont devenus disponibles. Bien que tout le monde ne puisse pas encore en bénéficier, une part croissante de patients le peut. Les thérapies hormonales ont également apporté des progrès, notamment pour le cancer du sein et de la prostate. »

Otto Visser, IKNL

Concernant le cancer de la prostate, Joost Boormans, chef du service d’urologie de l’Erasmus MC, observe une évolution dans la gestion de la pathologie. Il précise :

« Il est connu depuis longtemps que le cancer de la prostate est une tumeur sensible aux hormones. Si vous bloquez la testostérone d’une certaine manière, la maladie est considérablement freinée. »

This follows our earlier report, 14 protéines dans le sang prédissent cancer du poumon 5 ans avant.

Joost Boormans, Erasmus MC

Disparités selon les types de tumeurs

Si la tendance globale est positive, certains cancers restent particulièrement complexes à traiter. Les données montrent que pour le cancer du pancréas et celui de l’estomac, les taux de survie à cinq ans ont peu évolué au cours de la dernière décennie. Dans le cas du cancer de la vessie à un stade avancé, les chiffres indiquent même une légère baisse de la survie par rapport aux dix dernières années.

Disparités selon les types de tumeurs
Photo: Reformatorisch Dagblad

Ces disparités rappellent que le stade de diagnostic demeure le facteur déterminant. À titre de comparaison, 93 % des patients diagnostiqués au stade I sont encore en vie cinq ans plus tard, illustrant l’importance cruciale des programmes de dépistage précoce, tels que ceux mis en place pour le cancer colorectal ou du sein.

Read also: Cancer colorectal : disparités et facteurs de risque identifiés.

Contexte démographique et enjeux futurs

L’augmentation du nombre de cas diagnostiqués — environ 134 800 nouveaux patients l’an dernier — est en partie corrélée au vieillissement de la population. Environ la moitié des Néerlandais recevront un diagnostic de cancer au cours de leur vie, une proportion qui était d’un tiers vers 1990.

Stade du cancer Survie à 5 ans (période actuelle)
Stade I 93 %
Stade III 57 %
Stade IV 25 %

L’enjeu pour les années à venir sera de maintenir cette dynamique de progrès pour les cancers les plus résistants, tout en assurant un accès équitable aux nouvelles molécules. Alors que la chronicisation de la maladie devient une réalité clinique, l’objectif médical se déplace progressivement vers le maintien de la qualité de vie des patients vivant avec leur pathologie.

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