Sundance : un laboratoire d’idées pour donner voix aux cinéastes du monde entier
PARIS – Le festival de Sundance, et plus particulièrement ses laboratoires de développement, continuent de jouer un rôle crucial dans l’émergence de nouveaux talents et de récits inédits sur l’écran mondial. Récemment, le réalisateur irakien Hasan Hadi a témoigné de l’impact profond que le Director’s Lab a eu sur la création de son film, The President’s Cake, une œuvre qui explore une période méconnue de l’histoire irakienne.
Hadi souligne que l’atmosphère unique du laboratoire, axée sur le soutien et l’encouragement, a été déterminante. “Ce qui prend un poids énorme, c’est de ne pas être là pour impressionner qui que ce soit”, explique-t-il. “Personne ne se soucie de savoir qui a la prise de vue la plus impressionnante. Il s’agit vraiment d’apprendre.” Cette approche, dénuée de compétition, permet aux cinéastes de se concentrer sur l’essentiel : le développement de leur art et la narration de leur histoire.
Le Director’s Lab, comme les autres programmes de Sundance, offre un espace de travail sécurisé où les erreurs sont perçues comme des opportunités d’apprentissage. Hadi décrit ces sessions comme “presque spirituelles”, permettant une compréhension approfondie du travail avec les acteurs, les équipes techniques et la construction de scènes. Il insiste sur le caractère thérapeutique de ces échanges, qui révèlent des aspects insoupçonnés du scénario et de la vision du réalisateur.
Pour les cinéastes issus de pays où l’industrie cinématographique est peu développée, le soutien de Sundance est d’une valeur inestimable. The President’s Cake est le premier film irakien à aborder cette période spécifique de l’histoire du pays, une période dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Hadi souligne que Sundance a choisi de soutenir un projet venant d’un pays où le cinéma est, en quelque sorte, en train d’être créé.
“J’espère que non seulement le gouvernement du pays ou l’État, mais aussi la communauté des artistes comprendront à quel point c’est précieux pour nous”, a-t-il déclaré. “Je ne pense pas que j’aurais pu réaliser le film aussi rapidement sans ce type de soutien, et je viens d’Irak. Je n’obtiens presque pas ce soutien ailleurs dans la région.”
L’héritage de Robert Redford, fondateur de l’institut Sundance, qui affirmait que “tout le monde a une histoire à raconter”, reste au cœur de ces programmes. Hadi témoigne que l’admission au laboratoire lui a donné l’espoir concret de pouvoir mener à bien son projet, et ce, avant même d’avoir obtenu un financement.
Au-delà de son talent de conteur, Hadi incarne l’importance de donner une voix aux perspectives authentiques, souvent absentes des écrans. Il espère que The President’s Cake permettra au public de découvrir une facette méconnue de l’Irak, de comprendre les réalités de la vie dans les années 1990 et de s’immerger dans une histoire d’amour, d’amitié et de sacrifice.
