2025-08-29 20:15:00
Le code du sucre: une nouvelle arme contre les virus
La recherche d’antiviraux efficaces contre plusieurs virus a été, jusqu’à présent, un défi non résolu. Contrairement aux bactéries, devant lesquelles nous avons des antibiotiques à large spectre, les antiviraux traditionnels sont spécifiques: chacun bloque une enzyme ou une protéine d’un virus spécifique. Cela les rend efficaces, mais aussi lents à développer et pas très utiles contre les virus émergents.
Un groupe de chercheurs du Advanced Science Research Center de l’Université de New York a fait un pas décisif vers un antiviral universel. Sa stratégie est basée sur un élément commun à de nombreux virus enveloppés: les glycanes, les chaînes de sucres qui couvrent les protéines virales. Ces glycanes, réellement fabriqués par la cellule hôte, sont reconnus par les lectines cellulaires et agissent comme des clés d’entrée à l’intérieur de la cellule.
Les scientifiques ont conçu des récepteurs de glucides synthétiques (SCRs), petites molécules chimiques qui imitent les lectines naturelles. Ceux-ci se joignent à une grande affinité avec les glycanes de la surface virale et les bloquent, empêchant le virus d’interagir avec leur récepteur cellulaire. Le résultat est prometteur: quatre de ces composés ont inhibé l’entrée de sept virus différents, notamment Ebola, Marburg, Nifoh, Hendra et Coronavirus tels que les SRAS-Cov-2. Chez les souris infectées par ce dernier, 90% ont survécu grâce au traitement, par rapport à aucun dans le groupe témoin.
De plus, cette stratégie pourrait avoir un grand avantage évolutif: les virus ne peuvent pas facilement changer la structure de leurs glycanes, car ils dépendent de la machinerie invitée pour les fabriquer. Cela signifie que l’apparition des résistances pourrait être beaucoup moins probable qu’avec des antiviraux classiques.
Une constatation qui ouvre la porte à une nouvelle génération de médicaments et qui nous rappelle quelque chose de fondamental: dans la guerre contre les virus, il est pratique d’apprendre à lire le même langage qu’ils ont utilisé si longtemps, le code glycano.
Référence:
Wu, B., Tang, R. & Tan, Y. Récepteurs de la cage moléculaire synthétique pour la reconnaissance des glucides. Nat Rev Chem 9, 10-27 (2025).
La nébuleuse des papillons révèle ses secrets avec le télescope James Webb
La nébuleuse des papillons (Ngc 6302) est l’un des spectacles les plus impressionnants du ciel. Ses deux ailes brillantes se sont formées lorsqu’une étoile, plusieurs fois plus massive que le soleil, a atteint la fin de sa vie et a expulsé ses couches vers l’espace. Au centre, il y a un petit noyau stellaire, mais extrêmement chaud: sa surface dépasse 220 000 degrés!
Maintenant, grâce au télescope spatial James Webb (JWST), Les astronomes ont pu observer cette nébuleuse avec une netteté sans précédent et découvrir de nouveaux détails surprenants.
Le cœur de la nébuleuse est entouré d’un grand anneau de gaz et de poussière. Là, les grains ont eu le temps de pousser à des tailles supérieures à celles habituelles dans l’espace et de se transformer en cristaux de silicate, des minéraux similaires au quartz et aux pierres précieuses de la terre. Cette constatation confirme que dans les régions denses et protégées, la poussière d’étoile peut évoluer lentement pendant des milliers d’années.
Le Webb a également révélé que l’étoile ne perd pas de matériel en continu, mais dans des rafales violentes qui génèrent des bulles en expansion. Ces bulles entrent en collision avec l’anneau central, le déformant et créant des structures en forme d’arachide. À certains moments, il y a même des jets de gaz dans des directions opposées, comme s’il s’agissait d’évasions de pression.
Le plus frappant est peut-être la détection des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs), molécules de carbone qui se trouvent également dans les météorites et même sur la terre primitive. Ce qui est surprenant, c’est que, au lieu d’être anciens restes de l’étoile, ils semblent se former à l’intérieur de la nébuleuse elle-même, à la frontière où le gaz chaud se heurte à la poussière. C’est la première fois qu’un site de formation possible de HAPs dans une nébuleuse planétaire.
Ces découvertes montrent que la nébuleuse des papillons est bien plus qu’une carte postale cosmique: c’est un laboratoire naturel où des minéraux et des molécules sont créés qui finiront par se propager à travers la galaxie. Peut-être que ces mêmes matériaux font partie des nouvelles planètes … ou même des ingrédients futurs à vie.
Référence
Mikako Matsuura et al. Le JWST/ Miri View de la nébuleuse planétaire Ngc 6302 – I. Un tore irradié par UV et un déclenchement de bulles chaudes HAP Formation, avis mensuels de la Royal Astronomical Society, volume 542, numéro 2, septembre 2025, pages 1287–1307,
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