Home DivertissementSoutien aux salles de concert au Royaume-Uni : le gouvernement fait marche arrière

Soutien aux salles de concert au Royaume-Uni : le gouvernement fait marche arrière

Le gouvernement britannique fait marche arrière sur une hausse des taxes menaçant les salles de concert

Londres – Face à une vague de protestations, le gouvernement britannique a annoncé mardi un revirement spectaculaire concernant une hausse prévue des taxes foncières commerciales, qui aurait pu sonner le glas pour des centaines de salles de concert et de pubs à travers l’Angleterre et le Pays de Galles. La décision intervient après des mois de lobbying intense de la part de l’industrie musicale et de vives critiques envers le plan initial, jugé dévastateur pour un secteur déjà fragilisé.

Initialement annoncée fin 2025, la réévaluation des taxes foncières commerciales, ou business rates, prévoyait des augmentations pouvant atteindre 300% pour certaines salles de concert, les plaçant parmi les plus touchées du pays. Les craintes étaient vives : fermetures massives de lieux emblématiques, pertes d’emplois et un affaiblissement de l’écosystème musical britannique.

« La situation était intenable », explique Mark Davyd, directeur général de Music Venue Trust (MVT), l’organisation qui défend les intérêts des petites salles de concert. « Nous étions face à une crise existentielle. Des centaines de lieux risquaient de disparaître, étouffés par des taxes insoutenables. »

Le MVT avait publié un rapport alarmant révélant que plus de la moitié des petites salles de concert britanniques n’avaient réalisé aucun profit en 2025, et que 6 000 emplois avaient été perdus dans le secteur. Ces chiffres, combinés à la perte d’une salle tous les quinze jours en 2024, ont mis une pression considérable sur le gouvernement.

La volte-face annoncée par la Trésorière Rachel Reeves prévoit un allègement de 15% des taxes foncières pour tous les pubs et salles de concert en Angleterre et au Pays de Galles à partir d’avril. Cette mesure représente une économie moyenne de près de 1 700 £ par établissement. De plus, les taxes seront gelées pendant deux ans, en tenant compte de l’inflation.

« Nous reconnaissons les défis particuliers auxquels les pubs sont confrontés », a déclaré Reeves, soulignant que le gouvernement est conscient de la fragilité de ce secteur.

Le MVT se félicite de cette décision, mais appelle à la prudence. « C’est un premier pas important, mais il faut s’assurer que ce soutien est suffisant pour faire face à la crise », a déclaré Davyd. L’organisation entend travailler avec ses membres pour évaluer l’impact réel de la nouvelle mesure et plaider pour une réforme plus profonde du système de taxation.

L’attention se tourne désormais vers l’Écosse et l’Irlande du Nord, où les mêmes problèmes de réévaluation des taxes foncières menacent les salles de concert locales.

Au-delà des taxes foncières, d’autres acteurs de l’industrie musicale soulignent la nécessité d’un soutien plus large. Tom Kiehl, directeur général de UK Music, a rappelé que les studios d’enregistrement, également confrontés à des augmentations de taxes, étaient injustement exclus du nouveau dispositif.

« Pourquoi un studio utilisé pour le tournage d’un film comme Hamnet bénéficierait-il d’une exonération fiscale, alors qu’un studio d’enregistrement ne serait pas éligible ? », s’interroge Kiehl. « C’est une discrimination inacceptable. »

Michael Kill, directeur général de la Night Time Industries Association, a quant à lui critiqué le caractère insuffisant de la mesure, la qualifiant de « pansement sur une jambe gangrenée ». Il a souligné que le secteur de la nuit est confronté à une multitude de défis, notamment la hausse de la TVA, des taxes sur l’alcool, des coûts de main-d’œuvre et des frais de licence.

Le débat sur la pérennité des salles de concert et des pubs britanniques est loin d’être clos. La crise actuelle met en lumière la nécessité d’une politique culturelle ambitieuse et d’un soutien financier durable pour préserver un patrimoine musical unique et un secteur économique vital.

Image d’une foule à Reading Festival, crédit Andy Ford pour NME

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