Le ministère britannique de la Défense a ouvert une enquête après la découverte de composants de fabrication chinoise sur des drones navals de la Royal Navy. L’autorité assure qu’aucune faille de sécurité ni transmission de données sensibles n’a été détectée malgré ces signaux envoyés vers un serveur en Chine.
La Royal Navy se retrouve confrontée à un examen minutieux de sa chaîne d’approvisionnement après l’apparition de composants chinois dans son nouveau matériel autonome. Lors de ce que le ministère qualifie de routine cyber vulnerability assessment, les enquêteurs ont repéré une anomalie sur les équipements de surveillance de la flotte.
Les drones de la flotte K3 Scout sous surveillance
Les soupçons se portent sur les caméras installées à bord des K3 Scout uncrewed surface vessels, des navires de surface sans équipage qui participent aux activités de formation et de surveillance des forces spéciales et des commandos de marine, notamment la Coastal Forces Squadron et 47 Commando Royal Marines. Ces engins font partie d’un programme d’acquisition, connu sous le nom de Project Beehive, destiné à moderniser les capacités maritimes du pays.
D’après les constatations techniques, ces caméras équipées par un sous-traitant tiers envoyaient automatiquement des signaux de contrôle vers une adresse IP située en Chine. Ces pulsations régulières, qualifiées de heartbeat communications, confirment le bon fonctionnement et peuvent porter des informations de localisation ou confirmer qu’elles sont en marche pour quiconque les surveille. Face à cette situation, l’accès à Internet a été immédiatement retiré des équipements concernés et une révision du système a été lancée.
Le démenti du ministère et les mesures du fabricant Kraken
Malgré l’embarras diplomatique et sécuritaire suscité par cette découverte dans un secteur militaire particulièrement vigilant à l’égard de la Chine, les autorités se veulent rassurantes. Un porte-parole officiel a clarifié la situation en insistant sur l’intégrité des systèmes de défense britanniques et en affirmant que le gouvernement prend la sécurité des équipements, des réseaux et des données extrêmement au sérieux.

Un examen approfondi n’a révélé aucune preuve que des données ou des systèmes du ministère de la Défense aient été consultés, compromis ou transmis vers l’extérieur, a indiqué un porte-parole.

Le ministère a en outre souligné que ses assurance and testing processes are designed to identify and address potential vulnerabilities early, et qu’il continue de mener des activités de sécurité régulières sur ses systèmes et équipements.
Du côté de la filière industrielle, la société Kraken Technology Group, fournisseur des vingt navires sans équipage, a indiqué que les caméras incriminées avaient été obtenues auprès d’un tiers. L’entreprise britannique affirme avoir reçu des assurances concernant la sécurité, maintient qu’aucune information sensible n’a été partagée, et indique que des audits menés conjointement avec la Royal Navy ont permis d’identifier et de résoudre les vulnérabilités potentielles. Le tabloïd The Telegraph a révélé l’affaire en premier.
Un investissement massif dans les technologies autonomes
Cet épisode intervient alors que le Royaume-Uni accélère sa transition vers des forces armées numérisées et robotisées. Le parc de ces bateaux autonomes avait fait l’objet d’un engagement financier important, s’inscrivant dans le cadre d’un contrat évalué à 12,3 millions de livres sterling pour l’acquisition de vingt embarcations sans équipage en mars.
À l’époque de cette commande, le Second Sea Lord Vice Admiral Paul Beattie avait salué une étape significative vers une marine hybride capable de support a wide range of mission profiles including maritime awareness, force protection, logistics and precision strike. Il avait ajouté que l’intégration d’une technologie autonome de pointe permettait de maintenir les forces à l’avant-garde de l’innovation maritime et de l’efficacité au combat. Quelques mois plus tard, en juin, le secrétaire à la Défense de l’époque, Dan Jarvis, annonçait quant à lui qu’une enveloppe de cinq milliards de livres sterling serait dépensée pour une transformation par les drones des forces armées afin d’accélérer l’usage des systèmes autonomes.
Cet incident met en lumière la domination lourde des chaînes d’approvisionnement chinoises et la difficulté persistante pour le secteur de la défense, qui a pris des mesures contre l’espionnage, à s’approvisionner en matériaux et technologies totalement exempts de composants chinois ou aussi économiques.
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