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Rivière : Le shérif saisit les bulletins de vote, enquête en cours

Le shérif de Californie qui brigue le poste de gouverneur saisit plus d’un demi-million de bulletins de vote, suscitant des inquiétudes quant à la démocratie

RIVERSIDE, Californie – Chad Bianco, shérif du comté de Riverside et candidat républicain en lice pour le poste de gouverneur de Californie, a saisi plus de 650 000 bulletins de vote de l’élection de novembre dernier, dans le but de déterminer si des fraudes ont pu être commises lors du dépouillement. Cette action sans précédent a déclenché une vive réaction, notamment de la part du procureur général de Californie, Rob Bonta, qui dénonce une atteinte à la démocratie.

Lors d’une conférence de presse vendredi, Bianco a expliqué que son enquête consistait à « compter physiquement les bulletins de vote et à comparer ce résultat avec le total des voix enregistrées ».

Cette initiative a été immédiatement qualifiée d’« inédite tant par son ampleur que par sa nature » par le procureur général Bonta, qui a souligné qu’elle ne semblait « pas reposer sur des faits ou des preuves ». Bonta a également rappelé qu’il n’existe « aucune indication de fraude électorale généralisée » aux États-Unis, citant des comptages, des recomptages, des audits et des décisions de justice qui confirment cette réalité.

L’enquête de Bianco porte sur des allégations formulées par un groupe de citoyens locaux, le Riverside Election Integrity Team, qui affirme avoir identifié plus de 45 000 voix frauduleuses. Cependant, ces allégations ont été rejetées par les responsables électoraux du comté.

Le procureur général Bonta a exprimé de « sérieuses préoccupations » quant au fondement juridique de la saisie des bulletins de vote, remettant en question la validité des mandats obtenus par Bianco et suggérant qu’il aurait pu dissimuler des informations importantes au juge qui les a approuvés.

Bianco a défendu son action, affirmant qu’il avait le devoir constitutionnel d’enquêter sur une potentielle infraction pénale et qu’il ne cherchait pas à modifier les résultats de l’élection. Il a précisé que l’enquête ne visait pas à effectuer un recomptage pour la Proposition 50, mais à vérifier l’exactitude globale du scrutin.

La Proposition 50, qui a été adoptée dans le comté de Riverside avec 56 % des voix et à l’échelle de l’État avec environ 64 % des voix, avait pour objectif de redessiner temporairement les circonscriptions du Congrès en faveur des démocrates.

L’enquête de Bianco intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes autour des élections, notamment en raison des théories du complot relayées par l’ancien président Donald Trump, qui continue de contester sa défaite de 2020 et appelle à une « nationalisation » des élections.

Le procureur général Bonta et la secrétaire d’État de Californie, Shirley Weber, ont juré de lutter contre toute ingérence fédérale susceptible d’affecter le vote en Californie, rappelant le récent raid du FBI en Géorgie.

Bianco, connu pour son soutien affiché à Trump, avait publié en 2024 une vidéo d’endorsement dans laquelle il déclarait qu’il était temps de « mettre un criminel à la Maison Blanche », en référence à la condamnation de Trump à New York.

Cette enquête soulève des questions quant à la manière dont Bianco gérerait le mouvement de contestation des élections s’il était élu gouverneur. Un récent sondage de l’Institut de gouvernement de l’Université de Californie à Berkeley a révélé que Bianco et le commentateur conservateur Steve Hilton étaient en tête du peloton des candidats à la gouvernerie, avec un électorat démocrate divisé.

Des experts en sciences politiques, comme Kim Nalder de l’Université d’État de Sacramento, ont dénoncé la saisie des bulletins de vote comme une menace pour la démocratie, soulignant l’existence de nombreux mécanismes de contrôle et de vérification du processus électoral.

L’ancien maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, candidat démocrate à la gouvernerie, a qualifié l’enquête de Bianco d’« abus de pouvoir dangereux » et l’a comparée aux efforts déployés par Donald Trump pour « priver les électeurs de leurs droits ».

Le shérif Bianco a affirmé que les mandats de perquisition sont désormais scellés et a critiqué le procureur général Bonta, le qualifiant d’« honte pour les forces de l’ordre ». Il a également annoncé la nomination d’un maître spécial par un juge du tribunal supérieur du comté de Riverside pour superviser le comptage des bulletins de vote.

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