Les rendements obligataires mondiaux augmentent fortement alors que les investisseurs redoutent une nouvelle hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale, alimentée par la flambée des prix du pétrole et des tensions géopolitiques accrues au Moyen-Orient.
Flambée des rendements obligataires et pression géopolitique sur le pétrole
Les marchés financiers mondiaux subissent une forte pression baissière en ce mois de septembre, secoués par des frappes aériennes américaines sur des cibles militaires iraniennes près du détroit d’Ormuz. En réponse, l’Iran a ciblé des actifs américains dans la région, provoquant l’échange de tirs le plus important entre les deux parties depuis plusieurs semaines selon l’agence Reuters.
Cette hausse des coûts de l’énergie ravive immédiatement les craintes inflationnistes mondiales, menaçant de compliquer la tâche des banques centrales. Les rendements obligataires mondiaux ont bondi, s’ajoutant à des tensions structurelles déjà nourries par l’augmentation des dépenses publiques et la situation financière de l’État américain, comme le souligne Kiran Ganesh, stratège chez UBS Global Wealth Management.
Le grand désaccord entre David Kelly et les marchés sur la trajectoire de la Fed
La nervosité des marchés s’explique également par l’incertitude entourant la prochaine décision de la Réserve fédérale. David Kelly, stratège mondial en chef chez JPMorgan Funds, a affirmé qu’il n’y aurait pas d’augmentation des taux d’intérêt cette année, estimant que le premier discours de Kevin Warsh au symposium de Jackson Hole rassurerait les investisseurs sur l’assouplissement progressif de l’inflation. Interrogé par le Marketplace Morning Report, Kelly a déclaré que le président de la Fed convaincrait les marchés que il n’y aura pas de hausse des taux d’intérêt en septembre ni à aucun autre moment de cette année.

il n’y aura pas de hausse des taux d’intérêt en septembre ni à aucun autre moment de cette année. David Kelly, stratège mondial en chef, JPMorgan Funds
Cette prévision place JPMorgan en contradiction directe avec les marchés obligataires. En août, le rendement du Trésor américain à 30 ans a brièvement dépassé 5,3 pour cent, son niveau le plus élevé depuis 2007. Les coûts d’emprunt à long terme ont également flambé au Royaume-Uni, en Allemagne et au Japon.
La concurrence accrue des capitaux et le boom des investissements dans l’intelligence artificielle
Au-delà des tensions géopolitiques et de la politique monétaire, la hausse des rendements obligataires à long terme traduit une transformation structurelle profonde de l’offre et de la demande de capitaux. L’ère de l’argent abondant et bon marché, soutenue par l’assouplissement quantitatif des banques centrales après la crise financière mondiale, est révolue. Les besoins d’emprunt des gouvernements augmentent alors que le resserrement quantitatif s’installe.

Les États font désormais face à un nouveau concurrent de taille pour capter l’épargne mondiale : le secteur technologique. Incapables de financer de tels investissements uniquement par leurs flux de trésorerie opérationnels, les géants de la technologie se tournent massivement vers les marchés obligataires à long terme, contribuant à alimenter la concurrence pour les capitaux.
Répercussions sur les actions, le dollar et les portefeuilles d’investissement
La remontée des taux pèse directement sur les classes d’actifs risquées.
En revanche, le dollar américain profite de son statut de valeur refuge.
Pour les investisseurs, cette conjoncture redéfinit les stratégies de placement.
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