Rosmah Mansor : Appel rejeté, peine confirmée dans l’affaire de corruption solaire
Kuala Lumpur, Malaisie – L’épouse de l’ancien Premier ministre malaisien, Rosmah Mansor, a vu son appel rejeté aujourd’hui par la Cour d’appel, confirmant sa condamnation pour corruption dans le cadre d’un projet solaire controversé. Les juges Azman Abdullah et Noorin Badaruddin ont rendu leur verdict, ouvrant la voie à un dernier recours devant la cour fédérale.
Rosmah avait été reconnue coupable le 1er septembre 2022 par le juge Zaini Mazlan d’avoir sollicité des pots-de-vin totalisant 187,5 millions de ringgit (environ 40 millions de dollars américains) de Saidi Abang Samsudin, alors directeur général de Jepak Holdings Sdn Bhd, en échange de l’aide de son ancien assistant, Rizal Mansor, pour obtenir un contrat de projet solaire. Elle a également été condamnée pour avoir reçu des pots-de-vin d’un montant total de 6,5 millions de ringgit (environ 1,4 million de dollars américains) versés via Rizal.
Le juge Zaini l’avait condamnée à 10 ans de prison pour chacune des trois accusations, peines à purger simultanément, ainsi qu’à une amende record de 970 millions de ringgit (environ 205 millions de dollars américains).la Cour a précisé que Rosmah devra purger une peine supplémentaire de 10 ans de prison si elle ne règle pas l’amende.
Contexte et tentatives de disqualification du juge
L’affaire a été marquée par des tentatives de Rosmah de faire recuser le juge Zaini, après la publication d’une prétendue ébauche de son jugement par le blogueur Raja Petra Kamarudin. Elle avait affirmé avoir perdu confiance dans l’impartialité du juge, mais sa demande avait été rejetée.
L’affaire Jepak Holdings et la corruption au sommet
Ce verdict s’inscrit dans une série d’affaires de corruption impliquant l’ancien Premier ministre Najib Razak et son entourage. Le projet solaire de Jepak Holdings, destiné à fournir de l’électricité à des zones rurales de Bornéo, est devenu un symbole de la corruption endémique qui a miné la confiance du public dans le gouvernement malaisien.
L’affaire a mis en lumière les pratiques de favoritisme et de pots-de-vin qui auraient prospéré au sein des plus hautes sphères du pouvoir, soulevant des questions sur l’intégrité du processus d’attribution des contrats publics. La condamnation de Rosmah Mansor représente une étape importante dans les efforts de la Malaisie pour lutter contre la corruption et restaurer la confiance dans ses institutions.
