Accords de Washington pour la RDC : promesses non tenues alors que les combats persistent et que les civils souffrent
GOMA, République démocratique du Congo – Les Accords de Washington, signés en décembre 2025 entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda sous l’égide des États-Unis, peinent à apporter la paix tant espérée dans l’est de la RDC. L’accord, qui visait à mettre fin au conflit dévastateur par le retrait des troupes, des cessez-le-feu et une coopération économique sur les minéraux critiques, se résume pour l’instant à des promesses sur papier, alors que les combats se poursuivent et que les civils en paient le prix fort.
Des groupes armés continuent de bénéficier d’un soutien, et l’impunité pour les crimes graves demeure généralisée. La situation est particulièrement préoccupante dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, où les populations locales sont prises au piège entre les factions belligérantes.
Le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda selon des experts de l’ONU, contrôle encore de vastes zones riches en minéraux. Bien que les combattants du M23 se soient retirés de la ville d’Uvira en janvier, aucun retrait significatif des forces rwandaises n’a été constaté, et les attaques contre les civils persistent.
Un rapport récent des Nations Unies (S/2025/446 et S/2025/858) détaille comment le M23 étend son contrôle sur les mines de coltan, d’or, d’étain et d’autres minéraux dans les Kivu, et comment ces ressources sont ensuite acheminées vers le Rwanda pour être exportées.
La tragédie a atteint un point culminant le 28 janvier, lorsqu’un glissement de terrain dans la mine de Rubaya, contrôlée par le M23 depuis 2024, a tué plus de 200 personnes, dont de nombreuses femmes et enfants. Les victimes ont été ensevelies vives après que de fortes pluies ont provoqué l’effondrement des puits miniers artisanaux. (Voir AP News : https://apnews.com/article/congo-rubaya-mine-collapse-coltan-deaths-m23-b9fec43392b2b5b7de2857b4d33b8c8e).
Les négociations parallèles de Doha avec le M23, qui ont repris récemment (voir tweet de MoFA Qatar : https://x.com/mofaqatar_en/status/2018412555837001797?s=48), progressent lentement.
La visite du président congolais Félix Tshisekedi à Washington, DC, le 4 février, pour une réunion ministérielle sur les minéraux critiques, offre aux responsables américains une occasion cruciale de faire pression pour une mise en œuvre plus significative des accords.
Human Rights Watch a souligné la nécessité de protéger les civils, de fournir une surveillance indépendante des retraits de troupes et de garantir la responsabilisation des auteurs de crimes graves, y compris les milices Wazalendo alliées au gouvernement congolais et le M23 (voir HRW : https://www.hrw.org/news/2025/05/23/dr-congo-army-backed-militias-abuse-civilians-south-kivu).
Sans une action concertée pour lutter contre l’impunité par le biais de poursuites pour meurtres illégaux, déplacements forcés et recrutement, les perspectives de succès des Accords de Washington restent sombres.
Les États-Unis, en tant qu’acteur clé dans la région, ont un rôle important à jouer pour exiger des garanties pour les civils et la justice. Les signatures seules ne suffisent pas à mettre fin aux souffrances ; l’action est nécessaire. Le conflit dans l’est de la RDC, riche en ressources naturelles, a des implications bien au-delà des frontières congolaises, affectant la stabilité régionale et les chaînes d’approvisionnement mondiales en minéraux essentiels. L’attention soutenue des États-Unis est essentielle pour apporter un espoir tangible à une région trop longtemps ravagée par la violence et l’instabilité. (Voir HRW : https://www.hrw.org/news/2025/12/04/dr-congo-accord-offers-promises-but-little-more).
