La prolifération nucléaire refait surface : des alliés des États-Unis envisagent l’impensable
Par [Nom du rédacteur en chef adjoint]
Les discussions sur l’acquisition de l’arme nucléaire, autrefois reléguées aux régimes parias, gagnent du terrain parmi les alliés traditionnels des États-Unis, de l’Europe à l’Asie. Un changement de paradigme alarmant, selon des experts, qui reflète une érosion de la confiance dans la fiabilité de la protection américaine et une inquiétude croissante face aux menaces régionales.
Jusqu’à récemment, le club nucléaire se limitait à neuf nations : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël. L’espoir était que ce nombre ne croîtrait plus. Mais cette dynamique semble en train de changer.
En Corée du Sud, le soutien public à une arme nucléaire indigène a atteint des niveaux records, selon un sondage de l’Asian Institute for Policy Studies datant de mars 2025, avec 76% des répondants favorables à cette option. Cette montée en puissance de l’opinion publique est alimentée par les provocations continues de la Corée du Nord.
Au Japon, le sujet, longtemps tabou en raison de son histoire, est désormais ouvertement débattu. Un responsable gouvernemental, dont le nom n’a pas été divulgué, a même suggéré fin 2025 que Tokyo devrait envisager de développer ses propres armes nucléaires. Bien que cette déclaration ait été officiellement désavouée, elle témoigne d’un changement de mentalité. Le Parti libéral-démocrate japonais reconsidère également ses principes non nucléaires, notamment en discutant de la possibilité d’accueillir des armes nucléaires américaines sur son territoire.
L’Europe n’est pas en reste. Face aux doutes sur la crédibilité du « parapluie nucléaire » américain, notamment suite aux remises en question de l’engagement américain envers l’OTAN par l’administration Trump, certains pays envisagent des solutions alternatives. Le président français Emmanuel Macron a récemment plaidé pour une « dissuasion avancée », impliquant le déploiement temporaire d’avions nucléaires français dans d’autres pays européens, dont l’Allemagne et la Pologne. La Suède a également entamé des discussions avec le Royaume-Uni et la France concernant le déploiement de leurs forces nucléaires en cas de conflit.
En Pologne, le Premier ministre Donald Tusk a déclaré en mars 2026 que Varsovie « doit rechercher les solutions les plus modernes liées aux armes nucléaires », laissant entendre un intérêt pour une capacité nucléaire à long terme et des discussions avec la France sur une protection nucléaire.
L’inquiétude concernant la fiabilité de la protection américaine est un facteur clé. Rasmus Jarlov, président de la commission de la défense du parlement danois, a déclaré à l’Associated Press : « Si les choses devenaient vraiment sérieuses, je doute fort que Trump risquerait des villes américaines pour protéger des villes européennes. Nous ne savons pas, mais il semble très risqué de compter sur la protection américaine. »
L’Arabie saoudite est également sur cette voie. Le prince héritier Mohammed ben Salman a réaffirmé que Ryad acquerra une arme nucléaire si l’Iran le fait. Le royaume se concentre également sur le développement d’un cycle nucléaire complet, incluant l’enrichissement de l’uranium, ce qui lui conférerait la capacité de produire rapidement une arme si la décision politique était prise. Le Pakistan a même proposé d’étendre son parapluie nucléaire à l’Arabie saoudite, réduisant potentiellement la nécessité pour Ryad d’obtenir des garanties de sécurité américaines formelles.
Ces développements, qui étaient impensables il y a quelques années seulement, soulignent une réalité troublante : la prolifération nucléaire pourrait être sur le point de connaître une nouvelle vague, mettant en péril des décennies d’efforts de non-prolifération. La question de savoir si ces nations franchiront le pas reste ouverte, mais le simple fait qu’elles envisagent sérieusement cette option est un signal d’alarme.
