Prince Harry face à la justice : le procès contre le Daily Mail s’ouvre à Londres
Londres – Le prince Harry a fait son entrée lundi au High Court de Londres pour un procès historique contre Associated Newspapers Limited, la société éditrice du Daily Mail et du Mail on Sunday. Cette affaire, qui pourrait durer jusqu’à neuf semaines, s’inscrit dans une série de batailles juridiques menées par le duc de Sussex contre la presse britannique, accusée de pratiques illégales.
Harry n’est pas seul dans cette démarche. Il est rejoint dans cette action collective par d’autres personnalités publiques de premier plan, dont le chanteur Elton John et son mari David Furnish, l’actrice Elizabeth Hurley et la mannequin Sadie Frost. Tous allèguent que Associated Newspapers a eu recours à des méthodes illégales, notamment le piratage téléphonique et l’embauche d’enquêteurs privés pour installer des dispositifs d’écoute dans leurs véhicules.
Les accusations sont fermement niées par Associated Newspapers, qui les qualifie de « préposterous », selon la BBC News.
Ce procès revêt une importance particulière dans le contexte d’une relation tendue entre la famille royale britannique et certains médias. Il met en lumière les préoccupations croissantes concernant le respect de la vie privée et les limites du journalisme d’investigation. Le piratage téléphonique, en particulier, a déjà secoué la presse britannique, avec des révélations sur l’ampleur de ces pratiques illégales au début des années 2010.
Le prince Harry devrait témoigner devant le tribunal jeudi. Il s’agirait de sa troisième confrontation judiciaire avec un grand groupe de presse. En 2023, il avait déjà remporté une victoire contre Mirror Group Newspapers, obtenant 140 600 livres sterling de dommages et intérêts. Son témoignage lors de ce procès avait marqué l’histoire, devenant le premier membre de la famille royale depuis 130 ans à comparaître devant un tribunal. Il avait également conclu un accord à l’amiable avec News Group Newspapers, propriétaire du Sun, dans une affaire similaire.
L’avocat représentant les sept plaignants, David Sherborne, a déclaré dans sa déclaration liminaire qu’il s’efforcerait de prouver une « utilisation claire, systématique et soutenue de la collecte illégale d’informations » au sein des titres du Daily Mail et du Mail on Sunday. Il a affirmé qu’il était « impossible » que certains détails publiés par les journaux – numéros de téléphone, informations de vol – aient été obtenus légalement, et a accusé la société d’avoir détruit « des masses et des masses » de courriels et de documents antérieurs à 2004.
Antony White défend Associated Newspapers. Le procès, de nature civile, se déroule devant un juge unique, Mr Justice Nicklin, sans jury. Le vainqueur sera condamné à verser des dommages et intérêts financiers.
Ce procès intervient alors que le débat sur la régulation de la presse et la protection de la vie privée est plus vif que jamais. Selon un rapport de l’Ofcom, l’organisme de régulation des médias au Royaume-Uni, 73% des adultes britanniques s’inquiètent de la protection de leurs données personnelles en ligne. L’issue de cette affaire pourrait avoir des conséquences importantes pour l’avenir du journalisme britannique et la manière dont les médias traitent la vie privée des personnalités publiques.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube d’un reportage de la BBC sur le procès : à rechercher et intégrer en fonction de la disponibilité]
[Intégration potentielle d’un post X (anciennement Twitter) d’un journaliste judiciaire couvrant le procès : à rechercher et intégrer en fonction de la disponibilité]
