Portugal : Le socialiste António José Seguro largement favori face à la montée du populisme d’extrême droite
Lisbonne, Portugal – Les Portugais votent ce dimanche pour choisir leur prochain président, dans un scrutin qui pourrait révéler l’ampleur du soutien à la rhétorique nationaliste et anti-immigration d’André Ventura, candidat d’extrême droite. Les sondages d’opinion prévoient une victoire confortable pour António José Seguro, du Parti Socialiste, qui obtiendrait le double des voix de son adversaire.
Ce second tour est l’aboutissement d’une élection présidentielle où aucun des onze candidats n’a réussi à franchir la barre des 50% des voix au premier tour, le mois dernier. L’accession de Ventura au second tour est déjà perçue comme un succès pour le parti Chega (“Assez”), fondé il y a moins de sept ans, et témoigne d’une tendance plus large à la droite dans plusieurs pays européens.
Seguro, figure établie de la politique portugaise, se positionne comme un candidat modéré, prêt à collaborer avec le gouvernement de centre-droit en place. Il rejette fermement les attaques populistes et les propos anti-immigrés de Ventura, qui ont trouvé un écho auprès d’une partie de l’électorat, notamment face à la visibilité croissante des travailleurs étrangers au Portugal.
“Le Portugal est à nous”, a déclaré Ventura lors de sa campagne, affichant des slogans controversés tels que “Ce n’est pas le Bangladesh” et “Les immigrés ne devraient pas vivre de l’aide sociale”. Malgré ces déclarations polémiques, Chega est devenu le deuxième parti le plus important au Parlement portugais lors des élections générales du 18 mai dernier, illustrant une inquiétante progression.
Le rôle du président portugais, bien que largement symbolique, est loin d’être négligeable. Le chef de l’État a un pouvoir de veto sur les lois adoptées par le Parlement, un pouvoir qui peut être outrepassé mais qui constitue un outil d’influence important. Il dispose également du pouvoir de dissoudre le Parlement et de provoquer des élections anticipées, une capacité surnommée “la bombe atomique” dans le jargon politique portugais.
Cette capacité à déstabiliser le paysage politique est d’autant plus cruciale que le Portugal a connu une période d’instabilité politique marquée, avec trois élections générales en trois ans. Le prochain président devra donc jouer un rôle clé dans la consolidation du pays.
L’élection de ce dimanche intervient également alors que le président sortant, Marcelo Rebelo de Sousa, achève ses deux mandats de cinq ans. Son successeur devra relever le défi de maintenir la stabilité politique et de répondre aux préoccupations d’une population confrontée à des défis économiques et sociaux.
La montée en puissance de Ventura et de Chega s’inscrit dans un contexte mondial de regain d’intérêt pour les mouvements populistes et nationalistes. Selon un rapport récent de l’ONU, les discours de haine et la discrimination envers les migrants sont en augmentation dans de nombreux pays, alimentés par des facteurs tels que les inégalités économiques, la peur de la perte d’identité et la désinformation en ligne.
Les bureaux de vote ont ouvert à 8h00 ce dimanche et resteront ouverts pendant 12 heures. Les premiers résultats sont attendus en fin de soirée. Plus de 11 millions de Portugais sont appelés à voter.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube d’un reportage sur la campagne électorale portugaise, ou d’un post Instagram d’un média portugais couvrant l’événement.]
[Intégration potentielle d’un tweet d’un analyste politique commentant les enjeux de l’élection.]
