Portugal-Angola : Accusations de connivence au plus haut niveau
Lisbonne/Luanda – Des accusations graves de connivence entre l’élite politique et économique portugaise et le régime angolais secouent les relations bilatérales. Des experts et analystes pointent du doigt un “vassalage réciproque” où les intérêts économiques portugais primeraient sur toute volonté de promouvoir la démocratie en angola.
Lors d’un récent débat,le professeur de sciences politiques Raul Tati a mis en évidence des épisodes où le Portugal s’est retrouvé “accroupi devant l’Angola”,notamment dans l’affaire manuel Vicente,ancien vice-président angolais et ancien président de Sonangol,dont les agissements ont créé des tensions diplomatiques.
L’expert UNITA a dénoncé une “connivence et complicité active” du Portugal dans le maintien du statu quo politique en Angola, soulignant que Lisbonne n’aurait aucun intérêt à perdre les avantages économiques tirés de sa relation avec Luanda.
Ces accusations interviennent dans un contexte de critiques persistantes concernant le manque de transparence et de bonne gouvernance en Angola, un pays riche en ressources naturelles mais confronté à des problèmes de corruption et d’inégalités.
L’écrivain et académicien Domingos da Cruz a exprimé un scepticisme profond quant à la possibilité d’un soutien portugais à la démocratisation angolaise, reprochant au président portugais marcelo Rebelo de Sousa d’avoir légitimé le scrutin contesté de 2022 en félicitant le régime angolais.
Contexte et enjeux :
Les relations entre le Portugal et l’Angola sont historiquement complexes,marquées par une période de colonisation qui a laissé des traces profondes. Après l’indépendance de l’Angola en 1975, les liens économiques et politiques se sont maintenus, mais ont souvent été critiqués pour leur asymétrie et leur manque de transparence.
Le Portugal est un investisseur majeur en Angola,notamment dans les secteurs de l’énergie,de la construction et des services financiers.En retour, l’Angola est un partenaire commercial vital pour le Portugal, notamment pour l’importation de pétrole.
Ces liens économiques forts soulèvent des questions sur l’indépendance de la politique étrangère portugaise à l’égard de l’Angola et sur la capacité de Lisbonne à défendre les valeurs démocratiques et les droits de l’homme dans ce pays. La situation actuelle pourrait remettre en question l’avenir de cette relation privilégiée et ouvrir la voie à une réévaluation des intérêts en jeu.
